Alors que les programmes spatiaux du monde s’étiolent, celui de la Chine s’étoffe, aux mains d’une Académie de technologie spatiale richement budgétée, capable de produire 30 vaisseaux ou satellites par an et d’en développer 80.
Au 3ème trimestre, elle lance Tiangong-2, laboratoire à deux cabines (une de vie et travail, une de service), le 1er engin destiné à effectuer des programmes complets d’expériences. Au 4ème trimestre, partira Shenzhou-9 avec deux taïkonautes à bord, qui amarreront leur vaisseau au laboratoire.
2018 verra la mise en orbite de Tianhe-1, cœur de la future station orbitale (cf photo) capable d’amarrer cinq vaisseaux, et celle de Tianzhou-1, cargo à haute capacité. En 2020, partira un module vers Mars (atterrissage en 2021), qui tentera de poser un « rover » à chenillettes. 2022 devrait voir l’achèvement de la station, qui sera en 2024 la seule en service à l’issue du programme international de l’ISS. À présent, la Chine détient 106 vaisseaux ou satellites en activité.
Tout ce programme s’accompagne d’une gamme de lanceurs, y compris le nouveau Longue Marche-7 à forte capacité (20 tonnes).
D’actualité immédiate, le 24 avril fut pour la 1ère fois célébrée la journée nationale spatiale, en commémoration du 1er satellite chinois, lancé en 1970. D’autre part, le 18 avril décolla le module de recherche SJ-10, avec à bord 6000 embryons de souris au stade précoce de deux cellules. Une partie de ce chargement très spécial est placé sous caméras à haute résolution pour surveiller l’évolution de leur gestation (images rediffusées en direct). Or ces embryons sont restés en vie, atteignant le stade du « blastocyste », masse de cellules prêtes à créer un organisme. C’est une avancée décisive : jusqu’à présent, les expériences de fécondation animale sous microgravité simulée, échouaient pour cause de dégénérescence cellulaire.
Le professeur Tan Xin, biologiste spatial, voit en cette expérience une étape forte vers la gestation d’un bébé humain dans l’espace. Jamais tentée jusqu’alors, l’aventure s’accompagne de multiples défis scientifiques, techniques et éthiques. La science reste peu avancée sur les conditions de conception de vie humaine en apesanteur : un bébé spatial pourrait ne pas être viable, sauf sous conditions artificielles médicales encore inconnues. Mais il pourrait aussi s’avérer doté de meilleures potentialités que ses frères terrestres, du fait de la plus grande liberté de mouvement de l’embryon libéré des lois de la gravité… Vaste aventure donc, dont l’équipe chinoise fera le premier pas !
1 Commentaire
severy
6 mai 2016 à 15:37Et hop! La mise en marche de la production en série d’une escadre d’anges de l’Armée Rouge opérant en milieu non-gravitationnel est avancée. Les beaux jours de la DCA transorbitale sont devant nous.