Le Vent de la Chine Numéro 12 (2024)

C’est ce qui s’appelle lancer un pavé dans la mare. Dans une tribune publiée le 2 avril dans le prestigieux magazine américain Foreign Affairs, l’économiste Nicholas R. Lardy tente de démontrer que ceux qui pensent que la Chine pourrait entrer dans une longue récession, vivre sa « décennie perdue » et ne jamais dépasser les Etats-Unis en tant que première puissance économique mondiale, pourraient bien avoir tort.
Tout en reconnaissant les vents contraires auxquels fait face le pays (crise immobilière, sanctions imposées par les Etats-Unis, baisse de la population active…), le chercheur du Peterson Institute argumente que depuis la politique de réforme et d’ouverture introduite dans les années 70, la Chine a connu et surmonté des challenges encore plus grands que ceux-là. M. Lardy souligne aussi que même si le taux de croissance de la Chine ralentit, il est tout de même appelé à augmenter deux fois plus vite que celui des USA dans les prochaines années.
Bien sûr, ce plaidoyer n’est pas passé inaperçu en Chine. Même Xinhua a repris certains passages de l’article. Ce n’est pas non plus la première fois que M. Lardy est cité (malgré lui ?) par la presse officielle. En effet, L’économiste américain s’attaque aux « idées reçues » concernant le ralentissement économique chinois.
La première a trait à la faible consommation des ménages. Or, selon les statistiques officielles, le revenu réel par habitant et la consommation par habitant ont respectivement augmenté de 6% et 9% l’an passé. Si le moral des ménages était véritablement en berne, les ménages réduiraient leur consommation et consolideraient leur épargne, argumente-t-il. Cependant, les Chinois ont fait l’inverse l’an dernier : la consommation a cru plus vite que le revenu, ce qui est possible uniquement si les ménages réduisent la part de leurs revenus destinés à l’épargne, explique-t-il.
L’autre « méprise » selon Nicholas Lardy serait de croire que la déflation s’installerait en Chine. Certes, les prix à la consommation ont baissé de 0,2% en 2023, ce qui a conduit certains à craindre que les ménages réduisent leurs dépenses en anticipation d’une baisse des prix, précipitant la Chine sur le chemin de la récession. Or, ce scénario n’a pas eu lieu puisque les principaux prix à la consommation (ceux de biens et services en dehors de l’alimentation et l’énergie) ont en fait augmenté de 0,7%, affirme l’économiste.
Un troisième sujet d’inquiétude concerne le risque d’effondrement des investissements immobiliers. Si l’économiste reconnaît que ces craintes ne sont pas totalement infondées et sont corroborées par les données sur les mises en chantiers (deux fois moins en 2023 qu’en 2021), la chute des investissements immobiliers n’a été « que » de 20%, les promoteurs se focalisant sur l’achèvement de leurs projets entrepris les années précédentes. Ainsi, le nombre de logements achevés a pour la première fois dépassé les mises en chantier en 2023. Le fait que le gouvernement ordonne aux banques de prêter aux projets sur le point d’être finalisés a indéniablement contribué à ce résultat. A l’inverse, un assouplissement généralisé des prêts bancaires aux promoteurs aurait aggravé l’engorgement du marché, juge le chercheur américain.
Enfin, la dernière idée reçue à laquelle M. Lardy souhaite tordre le cou, c’est celle voulant que les entrepreneurs chinois sont découragés et transfèrent leur fortune en dehors du pays. Sans nier le froid jeté par la reprise en main réglementaire des géants de la tech fin 2020 et la baisse de la part des investissements privés par rapport à celle du secteur public depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, il pointe aussi que lorsqu’on exclut le secteur immobilier (qui subit à son tour un correctif ordonné par Pékin), les investissements privés ont augmenté de presque 10% en 2023.
Certes, l’argumentation de M. Lardy suscitera sans aucun doute un débat parmi ses pairs. Néanmoins, sa conclusion mettra probablement tout le monde d’accord, à savoir : sous-estimer la résilience de l’économie chinoise et exagérer les problèmes auxquels la Chine fait face pourrait conduire à une certaine complaisance face aux défis très réels que la Chine représente pour l’Occident.

Ceux qui ont récemment voyagé entre Shanghai et Pékin (voire Xi’an et Chengdu) avec China Eastern ont peut-être eu l’occasion de monter à bord de l’un des cinq C919 de la compagnie. Si l’expérience mérite que l’on si attarde, c’est que le premier moyen-courrier du constructeur chinois COMAC porte sur ses ailes les ambitions aéronautiques de toute une nation. En effet, après 15 ans de développement, l’appareil a finalement reçu sa certification de type fin septembre 2022 puis réalisé son premier vol commercial en mai 2023.
Aujourd’hui, le C919 dépasse les 1 000 exemplaires commandés, provenant pour l’essentiel de compagnies aériennes et sociétés de leasing chinoises. A ce stade, environ un tiers des commandes seraient « fermes » (ce qui implique le versement d’un acompte), les deux autres tiers n’étant que des « intentions d’achat ». L’objectif pour l’avionneur chinois est donc de consolider son carnet de commandes, notamment à l’international.
Pour débuter la campagne de promotion du C919 hors frontières, la COMAC a donc choisi, fin février, le salon aéronautique de Singapour, un rendez-vous biannuel qui attire un public plutôt régional, avec des délégations des pays de l’ASEAN, voire du Moyen-Orient. Cet événement est à marquer d’une pierre blanche puisque c’est la première fois que le C919 volait en dehors du territoire chinois. Deux C919 ont fait le déplacement pour l’occasion, tandis que la COMAC a profité du salon pour annoncer une commande par Tibet Airlines (filiale d’Air China) de 40 exemplaires du monocouloir en sa version adaptée aux hauts plateaux – une manière de souligner les performances de l’appareil. Dans la foulée du salon, le C919 a continué sa tournée promotionnelle en faisant des étapes au Cambodge, en Indonésie, au Laos, au Vietnam et en Malaisie.
Cette opération marketing intervient dans un contexte opportun pour la COMAC, où Airbus peine à augmenter sa cadence de production pour répondre à la demande et où Boeing est confronté à une série d’incidents liés à des problèmes techniques. Ainsi, le C919 se profile de plus en plus aux yeux des acheteurs comme une alternative viable à l’A320 d’Airbus et au 737 de Boeing. « Un nouveau choix fiable », pouvait-on d’ailleurs lire sur une publicité de la COMAC.
De quoi venir menacer le duopole ? Non, du moins pas dans l’immédiat… En effet, le chemin qui mène au succès commercial du C919 à l’international est semé d’embûches (ou plutôt de trous d’airs).
– La première difficulté tient à l’absence de certification du C919 par les autorités européennes et américaines. Non pas que le C919 ait besoin du feu vert de ces deux entités pour voler en Asie ou en Afrique, mais cela enverrait un signal fort à toutes les compagnies aériennes qui hésitent encore à sauter le pas pour des raisons de sûreté. Or, l’Agence de sécurité aérienne de l’Union européenne (EASA) est venue doucher, mi-mars, tout espoir de la COMAC de voir son appareil certifié d’ici à 2026 en raison des « nombreuses adaptations » apportées sur l’appareil depuis le dépôt initial de la demande en 2019. Ces commentaires suggèrent que l’EASA n’en est encore qu’au stade de familiarisation technique, qui n’est qu’une première étape d’un processus qui peut durer 5 ans ou plus. Pour mémoire, le premier-né de la COMAC, l’ARJ21, en service commercial depuis 2016, n’a obtenu ni la certification de l’EASA ni celle de la Federal Aviation Administration (FAA) américaine.
Du côté américain, l’échéance pourrait être encore plus lointaine, si l’on en croit l’expérience du premier-né de la COMAC, l’ARJ21, en service commercial depuis 2016, mais qui n’a jamais reçu la certification de la Federal Aviation Administration (FAA).
– Le second frein à l’achat d’un C919 tient à la question de la maintenance hors frontières, car contrairement à Airbus et Boeing, COMAC ne dispose d’aucun centre à l’étranger. Bien conscient de cette lacune, la COMAC serait prête à construire un centre dans le pays-client d’une compagnie ayant commandé 30 appareils, rapporte le PDG de GallopAir, jeune compagnie aérienne basée à Brunei, d’investissement chinois. En attendant, la COMAC a déjà créé à Canton un bureau de représentation dédié à ses futurs clients sud-asiatiques, ainsi qu’un entrepôt de stockage de pièces détachées.
– Le troisième challenge est d’ordre commercial. En effet, même si un C919 est moins cher qu’un A320neo ou un 737 MAX, les compagnies aériennes devront consacrer du temps (et donc de l’argent) à la formation de leurs pilotes et techniciens au nouvel appareil. Le C919 ne leur permettra pas non plus de faire des économies de carburant par rapport à ses rivaux européen et américain. Ainsi, sans un prix d’achat très attractif, les transporteurs aériens étrangers pourraient bien ne pas y trouver leur compte…
– Enfin, la COMAC devra surtout convaincre ses clients potentiels qu’elle sera en mesure de livrer les appareils commandés. Nul besoin de connaître le résultat de la prochaine élection présidentielle américaine en novembre pour affirmer que la COMAC pourrait faire l’objet de sanctions de la part de Washington et ainsi se retrouver privée (entre autres) des moteurs LEAP, fournis par CFM International, coentreprise entre l’américain General Electric et le français Safran. Pour rappel, plus de 80% des fournisseurs du C919 sont étrangers.
Cette prise en compte du risque géopolitique peut-elle expliquer les retards de production que connaît la COMAC actuellement (seuls deux C919 ont été livrés depuis le début de l’année, alors qu’elle ambitionne d’en assembler 36 en 2024) ? Ou alors est-ce simplement la conséquence d’une réorganisation des lignes de production ? Difficile à dire…
Une chose est sûre : comme Huawei, le géant des télécoms, avant elle, la COMAC pourrait être tentée de faire des stocks pour pallier une potentielle rupture d’approvisionnement. En parallèle, elle organise déjà la montée en gamme de certains composants issus de la filière locale afin de réduire sa dépendance à l’égard des technologies étrangères. Un processus qui risque de prendre des années, voire des décennies selon les équipements.
En somme, même si le C919 est promis à un bel avenir sur le marché chinois, sa percée à l’international est loin d’être garantie.

Depuis vingt ans, la Chine a accompli d’incroyables progrès sur le plan de la création technologique. Pour les Chinois, c’est une chance, même si cela ne suffira sans doute pas à sortir le pays de ses problèmes. Pour nous, Européens, c’est une menace concurrentielle et sociétale.
On a vu l’année passée le loueur de voitures allemand Sixt passer un contrat pour l’achat de 100 000 voitures électriques au Chinois BYD. De quoi surprendre quand on voit qu’en Chine, les acheteurs de voitures ont toujours préféré les marques allemandes aux marques chinoises. On a vu aussi plusieurs constructeurs chinois au dernier Mondial de l’automobile de Paris présenter des voitures contrastant avec les modèles auxquels l’Empire du milieu nous avait habitués.
Tout vient de la rupture technologique qui frappe le secteur automobile. Si les constructeurs chinois n’ont pas su concurrencer l’écosystème du moteur thermique enraciné en Europe ou aux États-Unis depuis plus d’un siècle, ils se retrouvent avec l’électrique sur un quasi-pied d’égalité avec les constructeurs historiques. Et les fabricants chinois de batteries ont pris une avance considérable. La menace concurrentielle pour les constructeurs non-chinois est donc avérée. Et elle sera sans doute encore plus forte avec l’avènement des voitures sans chauffeur où plusieurs entreprises chinoises avancent leurs pions.
Cette menace est-elle limitée au secteur automobile ? Non, elle vaut pour tous les nouveaux secteurs : intelligence artificielle, communication quantique, blockchain, FinTech, … Les stratégies chinoises dans ces secteurs sont des stratégies offensives où l’initiative privée est encouragée par l’Etat. Ce ne sont pas des secteurs établis comme la pharmacie, le nucléaire civil, le train à grande vitesse, l’aéronautique ou même les semi-conducteurs, où les stratégies chinoises sont des stratégies de rattrapage. Ces dernières sont plus difficiles à conduire, comme le montre le cas du semi-conducteur où les Chinois font face à des Américains qui ont été à l’origine du business dans les années 60s (Intel a été fondée en 1968), lequel business va de plus être revitalisé par la volonté du pouvoir politique démocrate.
Dans tous ces secteurs, qu’ils soient établis ou émergents, le gouvernement chinois a joué le rôle de chef d’orchestre. Il a mis en place tous les composants d’un système national d’innovation : un système éducatif performant, des universités de renom, des centres de recherche publics, des parcs scientifique & technique, des entreprises privées et publiques qui investissent en recherche et développement, des sources de financement pour les jeunes pousses et même une législation qui protège les innovateurs. Et chacun des interprètes doit suivre la partition écrite par le pouvoir, même s’il s’agit d’entreprises privées. C’est ainsi que la Chine est devenue le premier déposant de brevets au monde en moins de vingt ans.
Dans un contexte où la Chine va mal – crise de l’immobilier, croissance en berne, vieillissement de la population, découplage avec les États-Unis et perte de l’avantage de coût – il y a fort à parier que le gouvernement cherche à profiter de la carte technologique qu’il a en main et qu’il fasse tout pour en faire une planche de salut et ne pas tomber dans « le piège des pays à revenu moyen ».
Mais la menace n’est pas simplement concurrentielle pour nous. Elle est aussi sociétale. Une technologie n’est pas neutre – elle porte des valeurs. Des technologies développées dans un pays où la gouvernance est autoritaire ne sont pas toujours bienvenues. Si beaucoup de citoyens chinois voient positivement le système de contrôle social mis en place par leurs autorités, un tel système est vu chez nous comme un effritement des libertés. Les drones de DJI ou les vidéos de TikTok peuvent très bien être des outils de collecte de données de masse sur les comportements des utilisateurs. Il faut donc être vigilant et peut-être même parfois, comme l’ont fait les Américains avec la 5G de Huawei, refuser l’entrée au fournisseur.
Que faire d’autre ? Nous avons en Europe de très beaux écosystèmes technologiques. Mais c’est un peu du chacun pour soi. On a vu avec Airbus qu’on peut collectivement faire de grandes choses. Il n’y pas d’autre option que de renforcer l’union pour améliorer au sein de l’Europe la coordination de nos efforts respectifs de recherche et de développement dans les secteurs-clés suscités. Les entreprises européennes doivent aussi renverser la vapeur. C’est à elles maintenant d’aller en Chine pour chercher les technologies qui leur manque et qu’elles pourront exploiter sur leurs marchés. Finalement, un vrai ministère de la Technologie et de l’innovation européen serait le bienvenu.
Par Dominique Jolly, conseil en stratégie.
Son dernier ouvrage « The Chinese Financial System: sino-centricity and orchestrated control » est sorti en décembre 2023 chez World Scientific.

- 重塑, chóngsù: reconstruire
- 雄心勃勃, xiónɡxīnbóbó: ambitieux
- 重点, zhòngdiǎn (HSK 2): point clé
- 未来, wèilái (HSK 4): futur
- 产业, chǎnyè (HSK 5): industrie
- 结合, jiéhé (HSK 3): combiner, fusionner
- 技术, jìshù (HSK 3): technologie
- 乌托邦, wūtuōbāng: utopie
- 中央, zhōngyāng (HSK 5): central, centralisé
- 痴迷, chīmí (HSK 7): obsession, passion
- 旨在, zhǐzài (HSK 7) : avoir pour but de
- 加速, jiāsù (HSK 5): accélérer
- 电池, diànchí (HSK 5): batterie
- 生物制造, shēngwùzhìzào: biotechnologie
- 无人机, wúrénjī: drone
- 规模, guīmó (HSK 4): échelle, taille
- 预计, yùjì (HSK 3): prévoir, estimer
- 行业, hánɡyè (HSK 4): secteur, industrie
- 投资, tóuzī (HSK 4): investissement
- 相当(于), xiānɡdānɡ(yú) (HSK 3): équivalent à
- 企业, qǐyè (HSK 4): entreprise
- 忽略, hūlüè (HSK 6): négliger, ignorer
- 支出, zhīchū (HSK 5): dépense
- 需求, xūqiú (HSK 3): demande
- 产品, chǎnpǐn (HSK 4): produits, marchandise
- 保护主义, bǎohùzhǔyì: protectionnisme
- 企业家, qǐyèjiā: entrepreneur
- 创新, chuàngxīn (HSK 3): innovation
- 冒险, màoxiǎn: risque, aventure
- 不平衡, bùpínɡhénɡ (HSK 6): déséquilibre
中国国家主席习近平概述了一项重塑国家经济的雄心勃勃的计划,重点是主导未来的产业。该计划结合了技术乌托邦主义、中央计划和对安全的痴迷,旨在加速电动汽车、电池、生物制造和无人机等先进制造业的发展。该计划规模巨大,预计到2023年这些行业的年度投资将达到1.6万亿美元,相当于中国所有投资的20%,美国所有企业投资的43%。然而,该计划存在根本性缺陷,可能会让中国人民失望,也会激怒世界其他国家。它忽略了消费者及其支出,而消费者支出仅占GDP的37%,而国内需求疲软意味着一些新产品将不得不出口,而这可能会因全球保护主义而受到限制。此外,该计划未能满足不受束缚的企业家的需求,而企业家对于创新和冒险至关重要。该计划的缺陷可能导致不平衡的增长模式和潜在的地缘政治紧张局势。
Zhōngguó guójiā zhǔxí xíjìnpíng gàishùle yī xiàng chóng sù guójiā jīngjì de xióngxīn bóbó de jìhuà, zhòngdiǎn shìzhǔdǎo wèilái de chǎnyè. Gāi jìhuà jiéhéle jìshù wūtuōbāng zhǔyì, zhōngyāng jìhuà hé duì ānquán de chīmí, zhǐzài jiāsù diàndòng qìchē, diànchí, shēngwù zhìzào hé wú rén jī děng xiānjìn zhìzào yè de fǎ zhǎn. Gāi jìhuà guīmójùdà, yùjì dào 2023 nián zhèxiē hángyè de niándù tóuzī jiāng dádào 1.6 Wàn yì měiyuán, xiāngdāng yú zhōngguósuǒyǒu tóuzī de 20%, měiguó suǒyǒu qǐyè tóuzī de 43%. Rán’ér, gāi jìhuà cúnzài gēnběn xìng quēxiàn, kěnéng huì ràng zhōngguó rénmín shīwàng, yě huì jīnù shìjiè qítā guójiā. Tā hūlüèle xiāofèi zhě jí qí zhīchū, ér xiāofèi zhězhīchū jǐn zhàn GDP de 37%, ér guónèi xūqiú píruǎn yìwèizhe yīxiē xīn chǎnpǐn jiāng bùdé bù chūkǒu, ér zhèkěnéng huì yīn quánqiú bǎohù zhǔyì ér shòudào xiànzhì. Cǐwài, gāi jìhuà wèi néng mǎnzú bù shòu shùfù de qǐyèjiā de xūqiú, ér qǐyè jiā duìyú chuàngxīn hé màoxiǎn zhì guān zhòngyào. Gāi jìhuà de quēxiàn kěnéng dǎozhì bùpínghéng de zēngzhǎng móshì hé qiánzài dì dìyuán zhèngzhì jǐnzhāng júshì.
Le président chinois Xi Jinping a présenté un ambitieux plan visant à remodeler l’économie du pays, mettant l’accent sur les industries du futur. Ce plan, qui combine techno-utopisme, planification centrale et obsession pour la sécurité, vise à accélérer le développement des industries de pointe telles que les voitures électriques, les batteries, la biotechnologie et les industries basées sur les drones. Le plan est d’une ampleur considérable, avec des investissements annuels dans ces secteurs estimés à 1 600 milliards de dollars, soit l’équivalent de 20% de tous les investissements en Chine et 43% de tous les investissements d’entreprises aux États-Unis en 2023. Cependant, ce plan présente des lacunes fondamentales qui pourraient décevoir le peuple chinois et provoquer la colère du reste du monde. Il néglige les consommateurs et leurs dépenses, qui ne représentent que 37% du PIB, et la demande intérieure faible signifie que certains nouveaux produits devront être exportés, ce qui pourrait se heurter à des restrictions dues au protectionnisme mondial. De plus, le plan ne répond pas au besoin d’entrepreneurs libres, essentiels à l’innovation et à la prise de risques. Les failles du plan pourraient conduire à un modèle de croissance déséquilibré et à d’éventuelles tensions géopolitiques. (source)

Venez écouter l’épisode 49 des « Chroniques d’Éric », journaliste en Chine de 1987 à 2019 et fondateur du Vent de la Chine.
Episode 49 des « Chroniques d’Éric » : « Gamberge chinoise aux temps de Pâques »
Nous vivons une période très incertaine, entre un totalitarisme qui vacille en Turquie et un autre qui gronde aux portes de l’Amérique, en attendant de le faire à celle de l’Allemagne, de la France et d’autres. Epoque peu sure aussi au plan climatique en plein dérèglement, entre giboulées et soleil et mois de pluies torrentielles avant de passer aux mois de canicule et de terre parcheminée, au risque de stérilité.
La Chine comme l’Europe vivent ainsi la fin d’une ère, la fin d’un âge d’or qui les faisaient vivre, et sans savoir de quoi les lendemains seront faits. Dans cet episode, je me promène entre ces terres et réfléchis au présent et au futur de l’Empire du milieu.
Tous ces épisodes, inspirés par mes souvenirs et l’actualité, n’ont que le double but de vous amuser et faire découvrir la Chine. N’hésitez pas à les repartager sur les réseaux sociaux !

Un mardi après-midi de février dans le district de Linqu (Shandong), Hu Guangzhou, fermier de 55 ans, passa en se déhanchant, comme sur une piste de danse, cigarette au bec et casquette kaki de travers, poussant une brouette. Il s’arrêta devant l’un des multiples chantiers du village : en le voyant, le contremaître soupira, sachant ce qui allait suivre. Comme pour le saluer lui et les maçons, Hu accentua son éternel sourire béat. Puis, tout en s’épongeant le front, il se mit à se servir en briques sur la pile de matériaux de construction, les entassant sur son une-roue. Il ajouta une série de voliges et poutres profilées, les soulevant facilement malgré leur poids, avec une force qu’on n’eût pas soupçonnée vu sa carrure émaciée. Le patron le laissait faire, faute de choix : en tant qu’idiot du village, Hu était aussi son protégé, et puis « une brouettée de briques, ça n’allait pas chercher loin ». L’intelligence simple de sa jeunesse avait quitté Hu 10 ans plus tôt, peu après la mort de ses deux frères lors d’un accident de la route, l’un tué sur le coup, l’autre quelques mois plus tard de complications.
Hu repartit d’un pas gaillard, conservant sa caractéristique démarche dansante, que la brouette faisait tanguer encore davantage. Sur son chemin, hommes et femmes le saluaient affablement – mais les enfants, derrière lui, se moquaient plus ou moins discrètement. Plus personne dans le village ne prenait la peine de lui demander l’objet de son innocente chapardise. Ils savaient que Hu Guangzhou répondrait, comme à chaque fois, que c’était pour la maison de ses frères, celle qu’il leur offrirait quand ils reviendraient : « il fallait qu’elle soit prête, pour les recevoir avec fastes lorsqu’ils rentreraient glorieux au village (衣锦还乡, yì jǐn huán xiāng) ».
Arrivé devant sa fermette, héritée de ses parents, il la prolongea vers une seconde construction – sa création, à la vision extraordinaire et fantasmagorique. Un corps principal en forme de soupente s’étirait, fait de briques et de moellons jointés de terre glaise, dont les portes et fenêtres protubéraient grossièrement des murs irréguliers. La technique précaire aurait émané une atmosphère inquiétante, sans le vieux lampion rouge de soie délavée et les multiples échelles faites de robustes branches de peupliers et de petits rondins, qui tenaient lieu d’escaliers. Car le bâtiment était flanqué d’une vaste tour faite de planches, madriers et tous les matériaux que Hu avait pu récupérer depuis le début des travaux, immédiatement après la disparition de ses frères. Avec des planchers et des plafonds aléatoires et jamais droits, chacun des sept étages s’inclinait dans un sens opposé et alterné, pour compenser la pente et retrouver l’équilibre. Poutres et solives non sciées aux extrémités pointaient aux quatre horizons, donnant l’effet d’un palais de fantôme et d’une architecture directement inspirée du Château Ambulant du célèbre Miyazaki. Sans s’en rendre compte, Hu avait créé une œuvre unique défiant les règles de l’architecture. Depuis lors, curieux et touristes venaient toujours plus nombreux, et le reportage du Qilü Wanbao, le journal local, à propos de cette surprenante bâtisse avait récolté plus de cinq millions de vues sur Internet. La plupart s’amusent et se réjouissent de ce déploiement d’imagination défiant les règles, l’école et la norme, et suivant davantage les forces telluriques et le niveau à bulle interne de Hu dans sa douce démence.
Cependant, les villageois vivant autour de lui s’inquiétaient. Et si la maison s’écroulait, comme cela devrait inéluctablement arriver, et s’il devait y avoir des morts ? En tout cas, pour la petite commune, ce serait une perte de face assez lourde : elle deviendrait la risée de la région et pourrait perdre sa crédibilité en même temps que ses subventions. Ses plans de développement seraient alors remis en cause, la bretelle d’autoroute vers Qingdao, l’usine de conditionnement du riz… Bref, il était urgent de faire abattre l’ouvrage, avant que le malheur n’advienne…
C’est alors que le maire et le secrétaire du Parti, discrètement avertis par le contremaître du larcin de Hu ce matin-là, vinrent le voir – à bord de leur Audi grand standing – le chauffeur restant en bas, sortant son chiffon et son plumeau pour un petit lustre de passage. Gravissant les échelles, ils cueillirent ce pauvre bougre de Hu à son 5èmeétage, en train de ravauder, avec sa truelle et une auge de béton, un mur, qui s’il tombait, ferait probablement chuter toute la maison. Suant sous l’effort dans son costume deux-pièces, le secrétaire l’admonesta : « écoute, Hu, pourquoi t’obstines-tu à ne pas reconnaître les faits ? Tes frères sont morts et ne reviendront pas. Toi, tu vis de notre charité, des 1 050 yuans par mois de subvention, sans compter les « mantou » (petits pains étuvés) qui te sont donnés gratuitement, et ta prime de 300 yuans réunis par collecte publique, pour te permettre de passer dignement chaque nouvel an chinois,… Mais vois-tu, ta maison, elle nous fait du tort ».
« Mes frères sont en chemin, répondit sobrement le paysan simplet. Je ne peux leur manquer de respect. Et puis je ne vis pas que de vous, je cultive aussi mes légumes, je repique tous les ans ma rizière, je ne travaille ici qu’à mes moments libres ».
« Et tu n’as pas envie de te reposer ? Nous avons une place pour toi au foyer du troisième âge… Là, tu serais nourri, soigné et bien traité. Cela nous rassurerait tous ! »
« Mais qu’est-ce que je ferais pendant tout ce temps ? Je m’ennuierais à mourir ! Et la maison, qui la tiendrait en état, pour qu’elle ne tombe pas ? »
Alors les deux édiles se regardèrent, un peu embarrassés. Car effectivement, c’était le plan, si Hu partait, la première chose que ferait le village, serait d’abattre la tour… De retour à la mairie, face à la presse, le maire bon enfant finit par dire : « on a tout essayé pour le dissuader, mais il n’y a rien à faire. Nous avons décidé que tant qu’il ne dépassera pas les bornes, nous le laisserons œuvrer à son rêve ».
Qu’admirer le plus ? La fidélité obtuse du paysan envers ses frères disparus, couplée à son étrange instinct de bâtisseur, ou bien la magnanimité des autorités locales ? Cette jolie histoire jette en tout cas une lumière fraîche et savoureuse sur les liens forts unissant à travers la Chine, les communautés villageoises.
Par Eric Meyer
NDLR: Notre rubrique « Petit Peuple » dont fait partie cet article raconte l’histoire d’une ou d’un Chinois(e) au parcours de vie hors du commun, inspirée de faits rééls.
Ce « Petit Peuple » a été publié pour la première fois le 20 septembre 2019 dans le Vent de la Chine – Numéro 33 (2019)

10 avril, Pékin : ACCESS MBA – Beijing, Campagne de communication spécialement conçue pour mieux informer les étudiants des opportunités de MBA
11-14 avril, Shanghai : CMEF – China Medical Equipment Fair, Salon chinois international de l’équipement médical
13 avril, Shanghai : ACCESS MBA – Shanghai, Campagne de communication spécialement conçue pour mieux informer les étudiants des opportunités de MBA
15-17 avril, Fuzhou : HEEC – Higher Education Expo China, Le grand salon de l’éducation de haute qualité en Asie
17-19 avril, Pékin : INFOCOMM China, Beijing Infocomm China comprend une exposition qui présente les inventions des TIC les plus avancées et les plus demandées au monde
18-20 avril, Shanghai : IE Expo, Salon professionnel international de la gestion et traitement de l’eau, du recyclage, du contrôle de la pollution atmosphérique et des économies d’énergie
23-26 avril, Shanghai : CHINAPLAS, Salon international des industries du plastique et du caoutchouc
6-8 mai, Pékin : CIFE – China High-End Import Food Exhibition, Salon international de l’agroalimentaire
6-8 mai, Pékin : CHINA MED, Salon des équipements et des instruments médicaux
6-9 mai, Shanghai : TCT Asia, Salon international de l’impression et de la fabrication additive
7-10 mai, Zhengzhou : ZIF, Salon international des équipements industriels
8-10 mai, Shenzhen : LogiMAT, Salon international de la distribution, du matériel de manutention et des systèmes de gestion des flux
10-12 mai 2024, Canton : DDSE Asia – Digital Display & Showcase Expo, Salon asiatique de l’affichage numérique et de la vitrine
10-12 mai 2024, Canton : Steel Build, Salon international de la construction en acier et des matériaux de construction métalliques
10-12 mai 2024, Canton : Asia VR&AR Fair & Summit, Salon et sommet asiatiques de l’industrie chauffage, réfrigération, ventilation, climatisation
10-12 mai 2024, Canton : CIHIE – International Integrated Housing Industry Expo, Salon international de l’industrie du logement
10-12 mai 2024, Canton : Asian Flower Industry Expo, Salon asiatique des fleurs
10-12 mai 2024, Canton : Asia Parks And Attractions Expo, Salon des parcs d’attractions d’Asie
10-12 mai 2024, Canton : TFPS – Asian Tourist Attractions Equipment Exhibition, Salon asiatique des équipements pour attractions touristiques
11-13 mai 2024, Canton : Guangzhou International Metal & Metallurgy Exhibition, Salon international de la metallurgie, de la fonderie, des moules, de la coulée à haute pression et des fours industriels
14-17 mai, Shanghai : KBC – Kitchen & Bath China, Salon de la cuisine et de la salle de bains
15-17 mai, Shanghai : API China, Salon international de l’industrie pharmaceutique
15-17 mai, Shanghai : NFBE – International Food And Beverage Expo, Salon international des aliments naturels et des boissons santé
16-18 mai, Chengdu : CAPAS, Salon international pour les pièces automobiles et les services après-vente
16-18 mai, Canton : GITF – Guangzhou International Travel Fair, Salon international du voyage
18-20 mai, Chengdu : CAHE – China Animal Husbandry Exhibition, Salon des professionnels de l’élevage
20-22 mai, Pékin : CIHIE – China International Healthcare Industry Exhibition, Salon international de l’industrie de la santé (naturopathie, nutrition, cosmétiques naturels …)
20-22 mai, Pékin : SBW Expo, Salon professionnel dédié à l’eau potable et à l’eau de source en bouteille
21-24 mai, Shanghai : Bakery China, Salon international de la boulangerie et de la pâtisserie
22-24 mai, Shanghai : CBE – China Beauty Expo, Salon international de la beauté
22-24 mai, Shanghai : Intermodal Asia, Salon et conférence sur le transport naval et la logistique portuaire
22-24 mai, Canton : ASE – Adhesives and Sealants Expo, Salon international des colles et adhésifs
23-25 mai, Pékin : CEPE, Salon international de la protection de l’environnement, des installations sanitaires et des équipements de nettoyage
23-25 mai, Pékin : HEFC, Salon international dédié à l’énergie hydrogène et aux véhicules à pile à combustible
23-25 mai, Pékin : Hortiflorexpo IPM, Salon international des plantes et des fleurs
23-25 mai, Xi’an : Hosfair, Salon international des équipements et fournitures pour l’hôtellerie, de l’alimentation et des boissons
23-25 mai, Canton : Interwine, Salon international du vin, de la bière, et des procédés, technologies et équipements pour les boissons
23-26 mai, Ningbo : JM – Jinnuo Machine Tool Exhibition, Salon international de la machine outils et des moules
23-26 mai, Canton : Music Guangzhou, Salon international des instruments de musique
23-26 mai, Canton : Prolight + Sound, Salon chinois international des technologies du son et des éclairages
28-30 mai, Shanghai : Domotex Asia / Chinafloor, Salon international du revêtement de sol
28-30 mai, Shanghai : SIAL, Salon international de l’alimentation, des boissons, vins et spiritueux
29-31 mai, Shanghai : AIE-Aircraft Interiors Exhibition, Salon international dédié aux intérieurs de cabines d’avions
29-31 mai, Pékin : CISILE, Salon international des instruments scientifiques et des équipements de laboratoire
29-31 mai, Shanghai : INTERTRAFFIC, Salon international consacré aux technologies du trafic et de la mobilité en Chine
30 mai-1er juin, Canton : ADE – Asian Dairy Expo, Salon international des produits laitiers
31 mai-1er juin, Canton : FCCE – Fresh and Cold Chain Exhibition, Salon de la distribution d’aliments frais et de la chaîne du froid