Coup de cymbales chez Lenovo le 29 janvier : le n°1 mondial du PC mettait sur la table 2,3 milliards de $ pour racheter la branche serveurs d’ IBM, ainsi que 2,9 milliards $ pour Motorola, ce dernier à Google. Lenovo devenait n°3 du smartphone derrière Apple et Samsung, et ses 48.000 employés étaient rejoints par les 3500 de Motorola et les 7500 d’IBM.
<p>Google et IBM vendaient, faute de gagner de l’argent. Google cédait Motorola 9,6 milliards de $ de moins qu’il ne l’avait acquis en 2012. Depuis, il avait aussi perdu 1 milliard de $ en frais de fonctionnement, sans réussir à le remettre sur le chemin du profit. Google ne pouvait vendre aux rivaux Apple/Samsung. Il ne restait que le Chinois Lenovo, qui attendait depuis longtemps son heure…Mais est-ce une si belle affaire ? Il se peut que Lenovo ne reçoive qu’une coquille vide – Google conserve 15.000 des 17.000 brevets. Lenovo achète une marque pour acquérir une visibilité mondiale, et le ticket d’entrée sur de nouveaux marchés. Mais d’un point de vue américain, le véritable acheteur, 1er actionnaire de Lenovo, est la China Academy of Sciences (27% des parts), à savoir l’Etat chinois. Or quand Lenovo en 2005, acheta la branche « PC portables » d’IBM, il vit peu après 5 pays dont USA et Canada, bannir l’usage de ces appareils dans leurs administrations, car ils étaient équipés de circuits permettant le détournement de données à l’insu de ses utilisateurs.
Aussi, disent les analystes d’Outre-Pacifique, le risque d’un tel détournement reste possible sur les serveurs IBM comme sur les portables Motorola, et les 5 capitales ont des chances de bannir leur usage en interne, pour les mêmes raisons… Enfin, tout cela n’est peut être que spéculation : Washington va d’abord devoir valider ces deux accords et ce n’est pas acquis !
Sommaire N° 6