Sur le fleuve
Congo, second du monde par le débit, le barrage d’ Inga a longtemps été l’orgueil de l’Afrique, un des plus grands du monde, d’une capacité de 2,3GW, cofinancé par l’UE et la Banque Mondiale. Or, Kinshasa décide de lancer le Grand Inga, suite de 11 barrages pour 40GW (soit 40 réacteurs nucléaires français). A commencer par Inga 3 qui coûtera 12 milliards $ pour 5GW, dont plus de 50% déjà commandés par l’Afrique du Sud. <p>Le vainqueur de l’appel d’offres doit être désigné après l’été. Trois consortia sont sur les rangs de ce projet en concession (financement et exploitation à charge du bâtisseur) : un groupement chinois (Trois Gorges/Sinohydro), un coréen-canadien (Daewoo-Posco/SNC-Lavalin) et un espagnol (ACS/Eurofinsa).Le chinois a toutes chances de l’emporter, avec ses capacités de financement via l’Etat chinois (Exim Bank) et son expérience acquise sur le barrage des Trois Gorges, actuel record du monde avec 26GW (qui passera donc n°2, derrière le Grand Inga).
Mais c’est là que pourrait intervenir un troisième larron, les Etats-Unis. USAID, l’agence fédérale de développement, est intéressée à s’associer avec les Chinois sur ce projet, pour y apporter ses ingénieurs et sa garantie—et ne pas laisser ce monopole très politique à la Chine. Rajiv Shah, administrateur de l’USAID, visitait en décembre le site d’Inga 3.
Obama, lui, promettait à l’Afrique 7 milliards de $ d’aides en infrastructures d’énergie. Ce sera sous réserve qu’il parvienne à dépasser la vive hostilité du Congrès, pour cause écologique : les grands barrages polluent…
Sommaire N° 4-5