Politique : Hyperactivité mondialiste—trois étapes

La semaine passée, la Chine était actrice majeure dans trois rendez-vous mondiaux, prouvant ses progrès en tant que puissance.

– Au G20 de St Petersburg (05-06/09), sur la Syrie, l’opposition de V. Poutine et de Xi Jinping à toute frappe contre le régime de B. el-Assad, pour avoir gazé 1500 civils au gaz sarin (21/08), a contribué à isoler les Etats-Unis (B. Obama) et la France (F. Hollande), seuls pays en faveur de l‘action. L’argument subtil de Zhu Guangyao, vice-ministre des Finances, ne passa pas inaperçu : une hausse de 10$/baril du cours du brut, consécutive aux frappes éventuelles, grèverait de 0,25% la fragile reprise mondiale en cours. 

Xi et Poutine prièrent aussi Obama de faire en sorte que la FED, Banque centrale américaine, maintienne sa planche à billets verts pour soutenir l’économie planétaire et les devises des pays émergents. Sans illusion bien sûr : une fois le redémarrage bien engagé aux USA, Washington veut réduire son endettement. C’est pourquoi les 5 pays BRICS lançaient leur projet de fonds de réserve, pour compenser.
Ils y mettent 100 milliards$, dont 41 milliards à charge de la Chine, 18 milliards chacun pour Inde, Russie et Brésil, et 5 milliards au petit-frère Sud-africain. Mais tant sur la modestie du montant (pour une population cumulée de 50% de la planète), que sur la lenteur des palabres (1 an), la décision illustre les difficultés à s’entendre entre pays des quatre continents, sans rien d’autre en commun que leur statut d’économies émergentes. 

– A Ashgabat (Turkménistan, 04/09), avec son homologue G. Berdimuhamedov, Xi obtenait la livraison de 25 milliards de m3/an de gaz, voire 65 milliards de m3 d’ici 2020, si 4 gazoducs géants (57 milliards $ d’investissement par la CNPC) sont alors achevés. Les deux pays préparaient aussi une zone de libre échange à leur frontière. 

À Urumqi, métropole du « Far West » chinois, Li Yuanchao, le vice-Prsdt ouvrait la 3ème Expo Eurasia, destinée à désenclaver et enrichir le Xinjiang et ses pays voisins, et à tenir en échec les tentations séparatistes-intégristes. Puis en Russie, il obtenait confirmation par Gazprom, d’une vieille commande de 38 milliards de m3 de gaz, à doubler d’ici 2020—mais le tarif, pierre d’achoppement depuis 2006, reste à fixer « d’ici décembre », et de façon assez parlante, Gazprom avait d’avance annoncé le report du chantier du gazoduc à… janvier 2014. La confiance règne !

– A Nanning (Guangxi), avec la plupart des 1ers ministres de la région (cf photo), Li Keqiang tenait la 10ème Foire Chine/ASEAN, chantant une « décennie de diamants pour leurs pays ». Ici aussi, Pékin favorise l’intégration, avec des investissements dans les deux sens de 150 milliards $ et un commerce de 1000 milliards $ d’ici 2020 (contre 400 millions en 2012), obtenus grâce à l’accord de libre échange déjà conclu, et à son renforcement en vue. 

Mais se posait en frein à ce mariage, la crise de la mer de Chine du Sud, ravivée par l’émergence d’une base chinoise sur l’atoll du Scarborough Shoal, proche des Philippines.

A Nanning, Li Keqiang fit son possible pour maintenir la confiance, arguant des « convergences d’intérêts supérieures aux litiges », et soutenant – du bout des lèvres – le projet d’un code de conduite maritime de leurs nations. C’était son homologue vietnamien qu’il tentait de convaincre, mais non B. Aquino, le Philippin – découragé par les conditions posées à sa présence, ce dernier s’était décommandé.

Avez-vous aimé cet article ?
Note des lecteurs:
0/5
12 de Votes
Ecrire un commentaire