Joint-venture : Pékin réinvente l’outil anti-trust

Glencore XstrataComme toutes les puissances, la Chine dispose—depuis peu – d’un service anti-trust, qui autorise les plus grosses fusions-acquisitions à travers le monde, en fonction de ses intérêts, et dans la mesure où le deal a un impact sur son économie. C’est le cas de la reprise d’ Xstrata (Suisse) par Glencore (UK-Suisse), fondant le 3ème groupe mondial du cuivre, moyennant paiement de 30 milliards de $. 

Ce qui frappe ici, est l’usage « patriotique » et opportuniste que l’agence du MOFCOM fait de cette opportunité. En échange du feu vert, la Chine obtient deux avantages exorbitants : 

– durant 8 ans, Glencore-Xstrata s’engage à lui fournir 900.000 tonnes de cuivre (l’équivalent de ses ventes en 2011 et 2012), dont le quart à un prix « benchmark » en réalité fixé par la Chine. En sus, il doit aussi livrer des concentrés de zinc et de plomb à des prix « équitables et raisonnables ». 

– le groupe doit revendre un gisement non développé de Xstrata de Las Bambas, au Pérou, d’une valeur de 5,2 milliards de $ et d’une capacité de 400.000 tonnes  par an. La vente se fera à un re-preneur « approuvé  par la Chine » – donc chinois, et probablement à un prix égal à tous les investissements réalisés par le groupe.

Donc, une opération blanche et sans profit. Ce deal est justifié par une position « dominante » de Glencore-Xstrata, mais pas tant que cela, le nouveau groupe fournissant 14% de l’import chinois, loin du plafond classique de 35%. La Chine vient ainsi d’inventer une nouvelle forme de politique anti-trust, moins motivée par le souci de voir un groupe menacer les intérêts du pays, que par la chance de payer son cuivre mois cher !

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