Chongqing, coup de froid
« Il ne fait pas le même temps ici qu’à Chongqing. C’est très variable – c’est de saison ! Vous faites bien de surveiller votre santé » : c’est en ces termes que He Guoqiang, chef de la police du Parti vint saluer (02/03) la délégation de la ville du haut-Yangtzé, Bo Xilai en tête.
Puis le 03/03, Hu Jintao enfonça le clou à la CCPPC, décrivant Wang Lijun, l’ex-bras droit de Bo Xilai, comme « traitre » à la nation, pour avoir (croit-on) cherché à obtenir asile au consulat américain à Chengdu (07/02). Bo, depuis lors, tente de faire bonne figure et contre mauvaise fortune bon coeur, souriant à tout va et défendant son modèle de Chongqing, dont tous doutent dans son dos qu’il survive à son auteur.
Huang Qifan, maire de Chongqing, danse sur des oeufs en expliquant qu’il a évité un clash diplomatique majeur en allant tirer Wang Lijun (06/02). Et c’est ce moment délétère que choisit Shui Zhengkuan, apparatchik retraité de top niveau, pour se suicider à Chongqing (03/03). Le 08/03, Bo est absent du Parlement. Puis le 09/03, il réapparait, souriant devant la presse, pour nier toute responsabilité dans cette affaire, sauf une – « n’avoir pas bien surveillé son personnel »… Une très grosse affaire à suivre !
Goliath-nicot contre David anti-tabac
Pour les députés anti-tabac avec la CNTC (la Corporation nationale du tabac), à la fois monopole et tutelle de l’herbe de Nicot, le combat n’est pas égal.
En cause, les 118 milliards de¥uans de taxes offertes par le géant en 2010 à l’Etat (1/7 ème de ses revenus fiscaux), expliquant à eux seuls, son manque de motivation et l’inefficacité de ses lois. Car les hausses de la taxe (+40% en 2 ans) n’enraient pas la consommation des fumeurs, ni leur nombre grandissant (320millions). Et les plus de d’1 million de morts par an ne causent nul sursaut de conscience. La loi de ban en lieux publics, après un an, n’est appliquée dans Pékin que par un resto sur cinq. Shanghai n’a verbalisé en 2011 que 66 restos, et 5 patrons. Les édiles espèrent voir l’Etat tenir son engagement d’un ban intégral d’ici 2015. Mais sans trop d’illusions…
A-gla-gla méridional
Le Sud chinois ne tient plus le froid, déplore Zhang Xiaomei (CCPPC). Changement climatique oblige, au Sud de la rivière Huai et des monts Qinling, on grelotte souvent, victime de ce règlement des années ’50 qui bannit le chauffage central.
Certes, pour l’Etat c’est une économie, mais seulement partielle : les riches enclenchent climatiseurs et radiateurs d’appoint, très chers en électricité, tandis que les foyers modestes restent dans le froid.
Peut-être serait-il temps, suggère la déléguée de la Fédération des Femmes, de remettre les pendules thermiques à l’heure, au Sud ?
À l’ouest, rien à voir !
Xinjiang et Tibet créent le malaise à l’assemblée, suite aux récents débordements sociaux sur leurs territoires.
Les autorités rappellent le travail d’investissement public, d’acquis sociaux, et minimisent les actes de protestation.
Pour Wu Zegang, préfet d’Aba (Sichuan), les 25 suicides de Tibétains par le feu ont été «planifiés» de l’extérieur, avec pour preuve leur scénario immuable. Quant aux auteurs, ils auraient « échoué à s’adapter à la vie laïque… avec souvent casier judiciaire et mauvaise réputation ». Au Xinjiang, neuf agresseurs attaquaient (28/02) le marché de Yecheng, tuant 13 chalands, avant d’être tués pour sept d’entre eux (sources publiques).
La situation est «normale», affirme Li Zhi, vice-président des édiles locaux : « Tout pays a ses émeutiers. Ceux du Xinjiang ne sont qu’une poignée. C’est le contraire qui serait anormal »… L’objectif du discours public de Li Zhi, semblant être de dissuader l’opinion d’en faire toute une histoire.
Sommaire N° 9