Religion : Vatican/PCC – rien ne va plus !

Le 07/07 en la cathédrale St Ignace de Shanghai, Thaddée Ma Daqin, 45 ans, était intronisé coadjuteur aux côtés de l’évêque Jin Luxian, 97 ans. 

C’était une fête rare : membre de l’association catholique patriotique de Chine (ACPC), Ma Daqin était conjointement nommé par Pékin et le Vatican.
Mais voilà qu’en pleine messe, coup de théâtre : Ma annonçait que pour se consacrer à son mandat, il démissionnait de l’ACPC. Une décision lourdement murie, épilogue semble-t-il d’un douloureux passé, mais qui pour Pékin, ne pouvait résonner que comme une provocation. En effet, Rome ne reconnait pas l’ACPC, structure de contrôle du Parti sur la foi, et Ma la reniait, alors qu’elle venait de le nommer. La réponse tomba, violente et immédiate : arrêté à la sortie de la messe, Ma fut interné au séminaire de Sheshan, aux portes de Shanghai. 

Depuis, entre Rome et le Parti communiste chinois, les rapports n’ont cessé de se dégrader. La Curie distille dans la presse ses critiques sur les « réclusions de prélats et de prêtres ». Cette semaine, l’ACPC révoque Thaddée Ma Daqin, décision discrètement notifiée au Pape via Rome et Louvain. Finalement, le prêtre dissident reste interné, interdit de sacerdoce pour 2 ans. 

Et c’est ainsi qu’entre ces deux vieilles maisons de pouvoir, l’une temporelle et l’autre spirituelle, la crise rebondit : cette fois par l’imprudence d’un prêtre. Même si, sur le fond, la réconciliation est freinée par le trop grand succès de cette église chinoise passée en 15 ans de 5 à 12 millions de fidèles. Un essor qui inquiète à Pékin. 

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