Investissements : Un satellite mirage pour Lanzhou

Au Centre-Ouest, le Gansu est une province aride, peu peuplée et mal dotée, avec ses milliers de collines de terre jaune sous le soleil. Mais depuis octobre, Lanzhou, sa capitale de 3,6 millions habitants se lance dans un projet délirant. À 80 km au Nord-Est, des centaines de pelleteuses sont à l’œuvre pour araser 700 montagnes, pour obtenir 25 km² de plat, puis 140 km². Ce sera Xin-Lanzhou, ville de rêve qui espère attirer 500.000 habitants en 2020 (contre 110.000 à présent). Rien ne manquera : parcs-forêts vierges, gratte-ciel, aéroport, raffinerie, stade, métro léger, autoroutes… 

China Pacific Construction Group, le groupe constructeur (du milliardaire Yan Jiehe) veut y investir 3,5 milliards de $. La zone attire déjà de nombreux investissements (11 milliards de $ pour 90 projets), y compris Geely (automobile) et Sany (engins de chantiers) qui y construisent leurs usines. 

Mais c’est là où le bât blesse : poussés trop vite, de tels groupes végètent, en quête fiévreuse de marchés pour maintenir leur croissance, rééchelonner leurs dettes. Or cette ville-mirage n’a pas d’eau : les promoteurs pomperont celle du Fleuve Jaune – quoique son débit soit déjà réduit (un 30ème du Yangtzé), les industries locales sont les plus sales du pays (engrais, métaux non ferreux), et Lanzhou, la ville la plus polluée ! 

« Le pire, affirme le Professeur Wang Xiaowen (de Lanzhou), est l’absence de débat sur ce projet mené à la hussarde ». 
En somme, un projet à haut risque pour les financiers et les habitants. Mais la Chine en général, la plus démunie en particulier, n’a pas vraiment le choix, si elle veut s’en sortir !

Légende photo : la forêt de Pierres du fleuve Jaune – dans le district Jingtai de la ville Baiyin (Gansu)

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