Culture : Cinéastes de tous les pays, unissez-vous !

Quels points communs entre A. Schwarzenegger, T. Hanks et R. Downey Jr. ? Outre leur passeport, les trois acteurs seront bientôt à l’affiche de coproductions sino-américaine qui se multiplient ces derniers temps, permettant aux maisons d’Hollywood de contourner le quota de 20 longs-métrages étrangers projetés en Chine par an.

Avec « Flowers of War » (dèc 2011), Zhang Yimou avait ouvert le bal des coproductions. Depuis, les annonces se multiplient.

J. Cameron s’est dit en avril «sérieusement» intéressé. « Iron Man 3 », sortie l’an prochain, est coproduit par DMG (Pékin) et Disney Marvel (USA).
Des scènes du film seront tournées en Chine cet été et les producteurs cherchent un nouveau 2nd rôle chinois, suite à la défection d’Andy Lau. DMG est aussi présent dans le très attendu thriller « Looper » avec Bruce Willis. « Cloud Atlas », de Warner (avec H. Berry et l’actrice Zhou Xun, sortie octobre), est cofinancé par Dreams of Dragon (105M$), fondé en 2008, dont c’est le 1er pas dans le cinéma. Ces participations permettent de faire entrer des touches chinoises, acteurs, décors, bouts de script. Elles sont généralement positives.

Hollywood n’a pas attendu les coproductions pour intégrer une « Chinese Touch » à ses scénarios. Un choix dicté par :
– l’évolution économique – n°2 planétaire, la Chine devient incontournable,
– et par le souci de se faire bien voir au pays du Milieu – des autorités, et du public.

Dans « 2012 » déjà, les Chinois sauvaient le monde grâce à leur arche de Noé. De même « Skyfall », le prochain James Bond (sortie déc. 2012) est tourné en partie à Shanghai. Cette tendance, Dreamworks l’avait flairée dès 2008 avec sa suite des « Kung Fu Panda », gros succès en Chine. La société américaine ouvrira d’ailleurs prochainement un studio à Shanghai, JV à 45% avec China Media Capital, Shanghai Media et Shanghai Alliance Investment, au capital de 330 millions de $. Cette création est vue comme «moment historique» par son PDG J. Katzenberg À Shanghai en mars, il assurait avoir un plan de développement « sur le très long terme » (le 1er film devrait sortir en 2016). Son ambition : produire des films d’animation « de qualité internationale », capables d’intégrer « des éléments de la littérature, de la culture et de l’histoire chinoises ».

Ces coproductions arrivent à point pour assister une l’industrie américaine du film en panne de crédits.

Mais la Chine n’y perd rien, entrant dès lors de plain-pied sur le marché planétaire, avec une injection massive de savoir-faire. Car les productions 100% chinoises se vendent mal hors frontières. « Le côté exotique, les péplums et les histoires marquées par un réalisme cru et sans espoir ont un peu lassé le public occidental, analyse Luisa Prudentino, professeur à l’Inalco, experte en cinéma chinois. Le gros problème est le manque de créativité ». La Chine de la rue ne partage pas cette critique : comptant 9.230 salles fin 2011 (dont 3.030 inaugurées dans l’année), elle a vu ses recettes de billetterie doubler en 3 ans, de 980 millions à 2,08 milliards de $. Avec une préférence malgré tout pour les productions importées, qui assure un fort marché d’avenir à ces coopérations.

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