Les 1600 chantiers navals prennent l’eau, dit Zhang Shouguo, de l’Association des armateurs.
En fait, cela aurait dû arriver en 2008, quand démarra la crise (cyclique) mondiale. Sauf que les chantiers furent alors dépannés par leurs provinces, et par le plan de restructuration/revitalisation du MIIT (Ministère des Industries et des technologies de l’Information) qui visait injection de crédits et expansion des capacités à 50 millions de tonnes jauge brute (tjb), sous trois ans.
Trois ans plus tard, le succès dépassait toutes les espérances : objectif doublé, (100M tjb), et à prix de dumping, la Chine avait lessivé 50% du marché mondial. Mais en 2012, les gros clients (aciérie, équipement, électroménager) toussent tous : les commandes ont diminué de 52% sur 2011 (qui était déjà de vache maigre), à 36 millions de tjb, et les subventions ont chuté de 87% par rapport à 2008.
Pour passer l’hiver de la crise au chaud, quatre stratégies sont suivies : [1] l’hibernation (80% des cales sèches du Zhejiang sont à l’arrêt ou presque) ; [2] la reconversion en démolition navale ; [3] la recherche de niches, telles la construction de dragueurs de Daodai (Jiangsu) ; et [4] le bon vieux « chapeau rouge » : le rachat par une corpo «stratégique» (nucléaire, Barrage 3 Gorges, etc.), dont l’accès au crédit reste illimité.
Tous ces « trucs » n’empêcheront pas, sous quatre ans, 30% à 50% de ces chantiers de fermer. Cette concentration permettra d’ici 2015 aux 10 plus gros de détenir 70% du marché (contre 50% en 2010), volant thermique de financement en R&D pour rendre vraquiers, pétroliers et porte-conteneurs plus sûrs et économes en énergie.
Sommaire N° 18