Pol : Islam — Retour d’intifada

Territoire turkmène de l’Ouest, le Xinjiang voit depuis 20 ans défiler les mêmes vagues de frappes anti-séparatistes-extrémistes-terroristes, et d’émeutes sanglantes aveugles. Septembre-octobre avaient vu des patrouilles à toute heure, ratissant porte-à-porte en quête d’armes et de documents.   

A Kashgar et Hotan, quatre hommes étaient exécutés suite aux attentats de l’été qui avaient fait 32 morts. Le 28/12, à la nuit, tuerie à Pishan, près de Hotan, 8 morts (1 policier, 7 Ouïghours). La Chine évoque une « intifada » avec prise d’otages et tentative de sortir du pays. A Stockholm, le World Uyghur Congress en exil dément, accusant la police d’avoir exécuté des protestataires devant un commissariat.

Fait étrange (car les 2 ethnies ne partagent ni amitiés, ni langue), un autre désordre secoue les Hui, l’autre grande branche de l’Islam chinois. Le 31/12 à Taoshan (Ningxia), des centaines d’hommes de la police armée prennent d’assaut (canon à eau, gaz lacrymogène) une mosquée juste restaurée, la démolissent. Dans l’échauffourée seraient morts jusqu’à cinq fidèles. Bizarrement, le district local avait cofinancé l’ouvrage : manifestement, ce n’est que tardivement que le lieu de culte a été déclaré illégal. En défense de son action, la police invoque une participation de groupuscules intégristes de provinces extérieures (Yunnan, Gansu, Xinjiang).

Deux clés d’explications sont plausibles: – l’exaspération des cadres locaux face à la radicalisation lente de son islam, réponse au retard croissant de son bien-être ;   –   le choix du régime, face à toute minorité religieuse, de privilégier la  croissance en rejetant toute velléité d’autogestion !

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