Un peu à l’instar de l’esprit de Noël, le Chunjie diffuse à travers toute l’Asie confucéenne un sentiment de lien moral et de remise en ordre de sa vie. C’est la période où le politicien ressent le plus ses devoirs envers la base, voudrait s’en faire aimer : temps des bonnes résolutions en grand nombre, pour régler les vieux problèmes. Tel sur le front social, envers les faibles et démunis.
– Les kidnappeurs se voient offrir trois mois pour se rendre ou rendre leurs victimes, moyennant le pardon de la justice. Ce trafic frappe chaque année des dizaines de milliers de paysannes naïves, sitôt revendues : rien qu’en Malaisie (car le trafic traverse les frontières), 5400 Chinoises étaient arrêtées, fin novembre 2010 pour prostitution.
– Pékin promet de combattre la bigamie, par un registre informatisé des mariages contre ces 10aines de milliers de travailleurs au loin, qui se sont remariés « au noir »…
– Le congé de maternité est étendu à 9 mois maximum à Shanghai (contre 4 mois ailleurs en moyenne).
– Aux vieillards, un amendement de loi doit bientôt permettre d’assigner les enfants en justice. A l’origine est la plainte d’un Pékinois pensionné de 87 ans, sans soucis financiers mais en misère affective. Il réclamait de chacun de ses 6 enfants, une heure de visite /semaine. Ils sont 167 millions de sexagénaires concernés, 7 millions de plus chaque année…
– L’Etat se démène pour combler les failles de l’éducation dues à un formalisme et autoritarisme étriqués. 26 universités dont Beida testent une autonomie accrue de recrutement des profs. Le Heilongjiang teste des méthodes pour éradiquer fraudes et plagiat, les plaies de ce milieu. Shanghai et six provinces ouvrent des maternelles-pilotes et des formations d’instituteurs : surtout en zones rurales, épicentre de 80% des besoins, complètement négligées. Mais le ministère a omis dans ses réformes les injustices les plus lourdes : le déni de crédits à l’école privée, incapable de ce fait de se battre à armes égales avec celle publique, et la fermeture de facto des portes des meilleures universités aux enfants migrants obligés de retourner passer leur bac sur leur lieu de naissance.
Une préoccupation centrale est la gestion foncière : des expropriations déloyales, des compensations inéquitables, des terrains que les mairies rechignent à «gâcher» en logements sociaux. Le régime multiplie là les promesses vagues sans plus, et pour cause : en Chine, le foncier est le financement n°1 des provinces, déjà endettées, de qui une réforme constitutionnelle destituant le monopole de l’Etat sur la terre, signerait l’arrêt de mort…
En politique, voici encore quelques mini-promesses : La Cour suprême va casser tout verdict de peine de mort où les preuves à charge ont été obtenues illégalement.
Le 1er ministre Wen Jiabao (25/01) visite à Pékin neuf pétitionnaires, règle leur affaire les jours suivants : afin de redonner espoir aux millions d’autres, et prévenir les émeutes.
Petit geste offert à l’étranger, Gao Feng, directeur à la sécurité publique promet d’alourdir les sanctions au piratage intellectuel, sans précision. Ce clin d’oeil s’adresse surtout aux USA qui en 2009, perdaient 3,5MM$ en contrefaçon vendue en, ou venue de Chine.
à l’aviation civile, l’État offre d’ici juin les 1075km² de l’espace aérien de Pinggu (Pékin), aux pilotes privés. Mais n’est-ce pas «trop peu, trop tard», alors qu’explose le phénomène des «vols noirs» ? De plus en plus de jets privés, se rendent n’importe où en Chine sans plan de vol, puis se posent à la diable, quitte à régler l’affaire à coup de liasses de billets, après l’atterrissage…
Sommaire N° 4