Par sa progression boulimique, le e-commerce chinois a quelque chose de géant: révolution qui bouleverse les us de 100aines de M de consommateurs et sonne l’alarme chez les 20M de négoces conventionnels. La CNIIC –l’agence de l’interprofession- vient de publier son bilan : en 2010, ses 1726 sites ont vendu pour 79MM$ de biens, + 370% (si-si !). En 2015 ils auront quadruplé à 311MM$ et d’ici 2030, encore quintuplé à 1500MM$. Pourtant, le e-commerce ne pèse encore que 2 achats/an/habitant. Mais ce n’est qu’un début. Face à cet envol du chiffre d’affaires, le nombre des clients lui, n’a avancé que de 50% (160M d’internautes, un peu moins d’ 1/3), ce qui prouve que ces acheteurs en ligne, une fois mis en confiance, confient une part toujours plus grande de leurs achats à l’internet.
A ce jeu, les plus gros sont les plus forts. N°1 de la messagerie, STO Express atteint 2,1M de pièces/jour, +35%, 1/5ème du chiffre national. Tencent déploie ses galeries en ligne sur sa messagerie QQ. Baidu gagne via ses pub en ligne. China-Mobile veut égaler Apple sur le modèle de Itunes, pour ses abonnés au « smartphone ».
Le roi incontesté est Taobao, le site d’Alibaba.com di-rigé par Jack Ma : 370M d’usagers, 3,7M de boutiques hébergées gratuitement. Ses grands clients sont à la côte: le seul delta du Yangtzé fait 15% de son business via por-table. Il s’agit d’un public jeune : 75% ont de 19 à 28 ans.
Avec un groupe d’investisseurs, J. Ma crée son réseau indépendant de distribution, espérant y attirer 15MM$ en 5 ans (dont 1/3 en fonds propres) sur 3 hubs d’1Mm² entre Pékin-Tianjin, les delta du Yangtzé et des Perles. D’ici 2020, il espère parvenir à livrer toute commande sous 8 heures, à quelque point de Chine que ce soit.
Le ministre Chen Deming veut renforcer le e-commerce en le crédibilisant par la création d’organes de gestion : CIECC le club de l’interprofession, un centre de plaintes sur internet et par téléphone (400-640 0312).
Et l’étranger?Bain(US) a investi dans Gome. Media-Saturn/Metro prépare son entrée avec Foxconn. Wal-Mart injectera 10M$ dans 360buy.com, au sein d’un consortium de 500M$ (dont 40% à CITIC).
Carrefour lui, croit que le e-commerce va toucher un public nouveau sans frapper l’ancien, bon par ex. en électroménager, moins bon en vivres frais. «La Chine, dit cet expert, reste en dessous des taux d’équipement en hypermarchés de l’Ouest. Ici en Chine, nos 182 magasins sont rentables: nous comptons garder le rythme».
Dans ces conditions, l’e-commerce est pour le groupe un champ d’expérimentation sur Pékin et Shanghai, via sa galerie virtuelle aux 3000 produits avec livraison gratuite au-dessus de 500¥.
NB: pour une fois, l’e-commerce-Carrefour est moins avancé en Chine qu’en Europe à la clientèle plus mature. En ce pays, le groupe explore surtout des techniques de vente nouvelles, comme l’émission massive de mails d’alerte des campagnes, comme sa foire au vin.
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