Début octobre, la chape de smog est tombée sur le nord de la Chine, causant des dégâts occultés. Les 30-31/10, la visibilité était réduite à 200m, forçant l’annulation de centaines de vols, fermant (autour de Pékin) 6 autoroutes, tandis que les parents renonçaient à porter leurs petits à la crèche…
La météo promettait que la « légère pollution » se dissiperait sous la « pluie ou neige cette semaine » (jamais venue). Les habitants eux, par millions, se renvoyaient sur Weibo (le twitter chinois) l’indice de l’ambassade américaine, bloqué sur « malsain » (unhealthy) ou « dangereux ».
L’espoir de changement vient de la promesse de Zhao Hualin, Secrétaire d’Etat au contrôle de la pollution (22/09), d’un relevé des particules de 2,5 µm (microns). Causées par les voitures et le brûlis des champs, elles représentent 50% de l’air nocif, causant asthme, cancers pulmonaires, maladies cardiovasculaires dont meurent 1 million, bientôt 2 millions de Chinois par an. Dès maintenant, sous cette nouvelle échelle, 66 des 77 villes, parées du statut outrageux de « ville modèle environnementale », ont été déchues de leur titre.
Ce ne peut être, pour l’Etat, qu’un 1er pas : la « loi atmosphérique » de 1987, inappliquée et de toute manière obsolète, a besoin de révision. Aux USA, la « Clean Air Act » – imposant entre autres des normes obligatoires aux pots catalytiques- a sauvé 200 000 vies en 2010, prévenu 18 millions de maladies infantiles (économisant 80 milliards de US$ de frais de santé), tout en générant 3,2 millions d’emplois depuis son vote en 2002…
Sommaire N° 36