Petit Peuple : Le dialogue de deux peuples éternels

Hébreux et Hans se rejoignent en une série de signes invisibles au commun des mortels, pourtant évidents. Ils sont parmi les plus anciens peuples et ont franchi les millénaires par l’attachement à leurs règles, à leurs liens claniques et leur contrat du Ciel. Ils gardent fidélité obstinée à leur héritage immatériel, à leur diaspora essaimée sur les 5 continents, à une cosmogonie maîtresse dans tous domaines de leurs vies -du business à la cuisine, des lois morales, à la médecine…

La Chine accueillit Israël tôt sur son sol. Des traces de présence juive sont attestées dès le 8èmesiècle, puis au 9ème à Kaifeng (Henan), avec une communauté célèbre de Youtai (犹太, « juif »), transcription, semble-t-il, fidèle de l’araméen yehudai et du grec Juda, une des 12 maisons d’Israël.

Au fil des dynasties, les paroisses juives y connurent des hauts et des bas. Genghis Khan, au 13ème siècle, écrasait d’un mépris égal Hébreux et Musulmans, les traitant d’ «esclaves» – on en retrouve la trace dans la désobligeante clé du Chien dans leur idéogramme. L’empereur prohibait aussi leurs cuisines rituelles « halal » comme « kasher », et leur imposait les plats mongols. Surtout, il interdisait la circoncision, sous peine capitale. Pourtant au début du 20ème s. une importante communauté juive s’installe à Harbin, nourrie par les vagues d’immigration russe (Pogroms, guerre russo-japonaise, Révolution d’octobre).

Depuis, la confession israélite a disparu de la population chinoise. Toutefois, un Institut d’études hébraïques fonctionne à Nankin, depuis 1992.

A travers le pays, une firme rabbinique américaine fait fortune, en testant la qualité des jambons et poissons fumés destinés à l’export, afin d’en certifier la conformité aux rites, son label kasher garantissant leur qualité phytosanitaire, service très prisé des deux rives du Pacifique !

Dans le conflit opposant Israël au monde arabe, si le régime (pétrole oblige) penche pour ce dernier, la rue elle, vote pour le peuple juif. Elle apprécie l’image d’Epinal d’un David, coincé géographiquement, face à un Goliath qui l’entoure, mais parvenant à s’imposer militairement. Plus encore, elle reste béate d’admiration face à son génie commercial – autre passion commune aux 2 peuples.

Ici, les livres de financiers tels George Soros ou Paul Stiglitz se vendent « comme des petits pains », nourrissant le rêve de réussir, en arrachant à ces experts, leurs recettes magiques.

Cette foi chinoise dans un don de voyance du Peuple Elu à faire fortune, prend parfois des expressions burlesques. En septembre dans sa grande école parisienne, une étudiante chinoise se promenait, non sans ostentation, avec son dernier livre de chevet— l’Ancien Testament. Quand ses profs et ses camarades, plutôt impressionnés lui demandaient si elle avait reçu l’appel de la foi, « Non ! », répondit-elle, sourire en coin, son père lui avait prescrit la lecture du « Livre des Juifs », afin d’en extraire « les secrets de leurs succès d’affaires ».

Sur les rapports entre Fils du Ciel et Fils de David circule une vieille boutade, située dans le Bronx, dans un New York aujourd’hui révolu : le patron d’un commerce kasher reçoit la visite d’un coreligionnaire, et commande à son serveur chinois des cafés. Ce jeune répond poliment, et dans un yiddish parfait, ce qui ne manque pas de désarçonner le visiteur. Il félicite donc le patron sur la qualité de la langue hébraïque de son garçon au pair (car telle était sa position). Mais l’autre coupe court : « tais-toi donc- il croit qu’il apprend l’anglais ». La mésaventure putative du barman chinois suggère, entre ces communautés dures en affaire, un duel dans la rouerie, où tous les coups sont permis.

Sur cette anecdote, un ami chinois concluait en citant le proverbe « ěr yú wǒzhà » (尔虞我诈). Mot à mot, il se traduirait par : « tu me pièges et je te triche ». Tandis qu’une traduction plus libre donnerait : « à malin, malin et demi » !

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