Deux scandales alimentaires se succèdent le même jour (14/09). Le Ministère de la Sécurité publique annonce le démantèlement de deux lignes de production et six labos clandestins d’huile frelatée dans 14 provinces : 32 arrestations, 100t saisies.
Venue des restaurants, l’huile de rebut, au lieu d’être convertie en biocarburant, était filtrée par des firmes telle la Jinan Green Bio Oil (Shandong) pour en ôter la couleur noire et l’acidité. Mais elle n’ôtait pas des poisons tel l’aflatoxine, cancérigène. Le problème est universel : la Chine consomme 22,5 millions de tonnes d’huile végétale, sans compter au moins 2tonnes d’huile périmée, dont se sert un bouiboui sur 10.
L’autre souci concerne les «baozi» (petits pains étuvés) d’une banlieue de Pékin : la farce imitait la viande, ce qui n’est pas forcément nuisible, mais illégal. De plus, l’essence de parfum était importée, et sa formule non traduite.
A y regarder de près, les deux fraudes sont du même type : frappant les pauvres, sur des produits de base (huile, viande) dont les prix ont flambé cette année. Si l’on ajoute ces organophosphates dénoncés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), comme disrupteur hormonal, détectés le 12/09 par Greenpeace sur des légumes de supermarchés (Tesco, Lianhua ) entre Pékin, Shanghai et Canton, l’ambiance n’est pas au beau fixe : la loi de sécurité alimentaire de 2009 ne s’est pas imposée, malgré 2000 arrestations de fraudeurs depuis lors.
Conclusion de He Dongping, expert alimentaire, il faudra 10 ans à la Chine, pour venir à bout de ses huiles frelatées. D’ici là, prudence !
Sommaire N° 30