Petite tempête au club de la mine mondiale. Equinox (Australie) voulait croquer Lundin (Canada), offrant 4,8MM$. Mais voilà que Minmetals (Chine) s’en mêle, et sort la grosse Bertha, prétendant racheter l’Australien – qui devrait alors renoncer à son OPA canadienne. L’OPA, si elle aboutit, constituera une des plus lourdes acquisitions étrangères du Céleste Empire, lui ouvrant d’importants gisements de cuivre en Zambie et en Arabie Saoudite.
La volonté de l’État chinois se devine à deux indices. Le prix pour Equinox, 6,5MM$ cash, est 23% supérieur à sa dernière valeur en bourse, et le triple du volume d’affaires annuel Minmetals, lequel doit donc trouver des capitaux ailleurs -dans d’autres firmes publiques. Minmetals ne cache pas son ambition de multiplier d’ici 2016 ses rachats de mines de cuivre, plomb et zinc en Afrique et en Amérique Latine, et d’accéder ainsi au Club des géants minéraliers mondiaux. Une stratégie incontournable, pour un pays acheteur de 40% du cuivre mondial, à un cours qui a plus que doublé en 24 mois.
Canberra a signalé son absence d’objection—en 2009, il avait bloqué le rachat de Rio Tinto par Chinalco pour 19,5MM$. Quoique «surprise», la direction d’Equinox ne devrait pas déconseiller à ses actionnaires cette offre si forte— qui, selon Minmetals, devrait aboutir d’ici l’été. D’autant que vu le prix, les surenchères seront rares. Ainsi, la Chine renforce les filins l’arrimant à la planète, sous l’angle commercial et monétaire…
Sommaire N° 13