Mardi 5/04, la fête de la Clarté (清明, Qingming) sera très suivie. 3millions rien qu’à Pékin, 500.000 de plus que d’autres années iront rafraîchir les tombes des ancêtres: signes du retour de la foi et du vieillissement de la population.
L’État mène campagne pour des cérémonies moins coûteuses et moins dangereuses. Chaque année se dépensent en 1000t de papier jaune et «monnaie de l’enfer», Iphones et maisons de papier qui causent ensuite pollution et incendies quand on les brûle. Aussi Pékin encourage les fleurs en soie et la visite des sanctuaires en ligne, où en un seul clic, on peut offrir des chants funèbres et brosser virtuellement la tombe : « seule l’intention compte ».
En funérailles aussi, on innove pour épargner l’espace, et éviter à une ville comme Pékin de perdre 30 ha/an dans ses 70.000 décès annuels. Des formules créatives d’immobilier de l’au-delà se multiplient : sous arbre (en urne bio), en columbarium, en «mini-tombe» d’1m², en mer. Cette dernière, qui fut celle de Zhou Enlai en 1976, attirera 1000 Pékinois cette année. Ces offres permettant en outre de diviser jusqu’à par 10, le coût d’une sépulture conventionnelle (60.000-100.000¥).
Les cimetières aussi se modernisent-de façon moins convaincante. Pour faire moins cher, s’ouvrent au village les cimetières «commerciaux» et «communautaires» (biens communaux). Souvent illégaux, ils font courir aux pensionnaires le risque d’être tirés bien trop tôt de leur dernier repos.
Sommaire N° 12