La spoliation immobilière est un problème structurel en Chine, conditionné par son système juridique et administratif: 30% du budget de la capitale (comme des autres métropoles) dépend des ventes foncières. Pour l’opinion, aucun doute, Etat et promoteurs agissent en solidarité dans cette prédation nécessaire à leur survie.
Or, l’incident des artistes du village de Zhenyang (banlieue pékinoise) vient ébranler cette certitude. Le 22/02, 100 malandrins payés par deux promoteurs attaquaient les artistes à la barre de fer pour les expulser -six finissaient à l’hôpital.
1ère surprise: 6h plus tard, 20 de ces créateurs marchaient à travers Chang’An, la plus grande artère de la capitale avec bannières et criant des slogans, empêchés par la police d’atteindre la place Tian an men.
2de surprise: le 25/02, 16 des bandits dont leurs chefs de bande, et leurs employeurs étaient arrêtés pour viol de propriété privée et déprédations dans trois ateliers. Très surpris, les milieux artistiques saluent l’action du gouvernement.
Pour autant, il est douteux que le cas se reproduise. Rien qu’autour de Pékin, 10 villages de studios et 1000 créateurs sont frappés de la même menace d’expropriation, et Pékin ne peut vivre de l’air du temps. L’imminence de la session du Parlement, et la détermination rare des artistes dont un étranger (nippon), ont fort compté dans la réaction publique !
Sommaire N° 8