Le 4/07 à Lhassa, au temple du Jokhang, le 11e Panchen Lama tonsurait le «6e Bouddha Vivant Dezhub», un des 500 disciples ayant, selon la tradition, accédé à l’illumination. Le jeune Panchen ordonnait donc sous le rite lamaïste Losang Doje, 5 ans. C’était un acte politique: Qoigyijabu (nom du Panchen) est aussi vice-Président de l’Association Nationale Bouddhiste, et durant le service, un cadre lut l’approbation du pouvoir à la réincarnation, pour ne laisser aucun doute à son autorité sur la foi.
Qoigyijabu au demeurant, est contesté parmi ses pairs: à l’âge de 5 ans, il a été substitué par Pékin à un autre enfant, Gedhun Choekyi Nyima dont la réincarnation avait été annoncée par le Dalai Lama, haï du régime. Nyima avait alors disparu avec ses parents, sans réapparaître depuis. Le régime le dit en bonne santé…
Est-ce un hasard ? Deux jours après la cérémonie de Lhassa, la communauté tibétaine de l’exil fêtait le 75ème anniversaire du pape lamaïste. Interrogé sur l’événement, un porte-parole du gouvernement répliqua que la Chine ne tenait pas le compte de l’âge du Dalai Lama, ne retenait que 2 dates, et avisait les journalistes d’en faire autant: le 28/3/51, date de la « libération pacifique » du Toit du Monde, et le 23/05/59, de « l’émancipation du servage».
Ce qui n’empêcha la Chine de s’en rappeler ailleurs: pour faire pression sur le Népal, et assurer le respect du non-anniversaire, sur le sol du petit pays voisin -de rite lamaïste pourtant…
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