Pol : TAIWAN—vers la paix des braves ?

En septembre 2009 Chen Shui-bian, l’ex-président, chef de file du DPP (Parti démocratique progressiste) prenait la prison à vie, comme sa femme Wu Shu-chen pour fraude et bakchich de 12M². Détenu depuis 18 mois, il se dit victime d’une vengeance de son successeur Ma Ying-jeou (KMT, nationaliste) pour avoir trop rêvé à l’indépendance pour son île. Or voilà que démentant ce verdict, la Haute cour de Taipei l’absout (9/06) du vol de 273.000$ de fonds diplomatiques. D’autres charges sont allégées: la perpétuité est révisée à 20 ans de prison, voire la moitié avec les remises de peines. Une libération est aussi possible par la cour d’appel, ou une grâce présidentielle.

Selon le bord politique à qui l’on s’adresse dans l’île, quatre explications circulent sur ce verdict plus magnanime :

[1] la magistrature, pro-KMT, doit répondre aux accusations de procès trafiqué : elle préfère se déjuger, par souci d’équité et pour démontrer son indépendance envers le pouvoir politique.

[2] Des élections locales auront lieu en décembre : il est bon, pour le KMT, de rappeler dès maintenant aux électeurs que le principal parti d’opposition a sa figure de proue en prison pour fraude, dans l’exercice de son mandat élu.

[3] A 59 ans, Chen est un homme fini. Toute la classe politique a retenu la leçon des risques pris à confondre ses biens et ceux publics.

[4] Mais l’île est fatiguée d’une division «fratricide» : en réduisant la peine de l’adversaire déchu, Ma se donne la chance de faire accepter à l’automne le traité de libre échange en cours de finalisation avec Pékin !

 

 

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