Parmi les plans titanesques d’infrastructures de la Chine, compte aussi le métro.
En tête, Pékin et Shanghai caracolent, comptant passer à 561 et 600km, plus grands réseaux du monde. Et voici que 23 autres villes tunnelisent, au terme d’un plan réactualisé, incluant 10 villes de plus : d’ici 2015, elles auront bâti 87 lignes nouvelles, pour une longueur de 2495km en plus des 940km en service. Soit 500km de métro neuf par an (soit 2,5 métros parisiens). A ce rythme, la Chine aura dépassé les USA dès 2012 comme champion mondial du 地铁 « chemin de fer souterrain ».
Excellente affaire pour la CRCC (China Railway Construction Corp), un des leaders du marché. Vice directeur à la NDRC (National Development and Reform Commission), Li Guoyong estime à plus de 100milliards² le coût global, 20milliards²/an, à comparer aux 14milliards² dépensés durant les 4 ans de 1995-1998.
En réalité, la Chine n’a plus le choix. La conquête rapide des villes par l’auto s’est accompagnée d’une congestion du trafic, d’une pollution et d’une poussée exponentielle de la demande en carburant : avant de pénaliser la voiture, l’Etat doit offrir aux citadins une alternative.
NB1 : Pékin se distingue avec sa future ligne de 22km Mentougou-Haidian, en technologie Maglev. Beaucoup plus lente que la ligne shanghaienne, à 100km/h seulement, mais beaucoup moins chère, silencieuse—et développée par une filiale de la mairie de Pékin…
NB2 : le modèle de la copie maximale et de l’autonomie interne n’est peut-être pas éternel. Une fois les réseaux en place, il va falloir les maintenir et les rentabiliser. Et là, l’alliance Veolia-RATP, détentrice d’un savoir-faire unique, attend son heure…
Sommaire N° 18