C’est une firme née de la crise, en réponse à la grande question du moment : comment réduire ses coûts— et sa pollution en même temps? En novembre à Suzhou, China Power Services voyait le jour, fondée par 18 firmes locales sous l’égide de la NDRC (National Development and Reform Commission), elle permet aux entreprises de suivre à distance leur consommation en électricité, d’en maîtriser les déperditions et courants induits.
Tel que présenté par Mme Cao Ping, sa directrice, le principe consiste en une batterie d’équipements de tests d’un modèle standard reliés par internet au QG de CPS à Suzhou. De ces relevés de données, il résulte une charte de consommation détaillée et en temps réel, accessible au client sur le portail internet de CPS. De la sorte, la PME permet en temps réel de visualiser les pertes sur chaque poste d’exploitation: de la production, à l’évacuation des eaux usées, de l’aération, réfrigération, sécurité etc. CPS envoie aussi un récapitulatif hebdomadaire. Suite à quoi les cinq divisions de la PME proposent diagnostics et solutions aux interférences, courants induits et pertes diverses détectées.
«Le niveau de capacité gestionnaire en Chine est limité», explique Mme Cao. Ce que nous apportons est la visualisation de déperditions qui jusqu’à présent étaient invisibles. Nous mettons le client face à son problème »…
A l’en croire, le profit est immédiat : CPS garantit une réduction sous 12 mois de 5% de la consommation électrique, et les compagnies d’assurances, qui voient dans ce service une chance de prévenir les incendies, commencent depuis quelques semaines à garantir à leur client le remboursement de leur abonnement chez CPS (soit 1% de leur note annuelle d’électricité) au cas où les 5% de baisse promise ne seraient pas atteints.
Mme Cao nous décrit une réussite parmi d’autres : Coca Cola-Suzhou subissait chaque an six arrêts de plusieurs heures, lui faisant perdre chaque fois jusqu’à 200.000¥ de pertes. Suite au travail de CPS, le groupe a vu disparaître les dysfonctions—il lui en a coûté 70.000¥.
Restent dans ce système plusieurs zones d’ombre, telle la nature des services offerts pour rectifier l’intensité énergétique. A l’inverse de grands groupes experts tels Schneider ou Schlumberger, CPS, avec ses six mois de vie et ses 50 employés ne maîtrise pas les techniques de mitigation. Autre contradiction : comment assurer à ses clients la confidentialité de leurs données, tout en étant sous l’égide de la NDRC, ce qui pourrait amener des fuites des données auprès d’administrations intéressées, tel le fisc ou le ministère de l’environnement… Tout ceci donnant l’image d’une firme très jeune—d’un secteur encore dans les langes, promis à un grand avenir.
Sommaire N° 14