A la loupe : Pétrole—la faim pousse la Chine hors du bois

En matière de pétrole, on voit se poursuivre les efforts des groupes chinois pour augmenter leurs réserves hors frontière à n’importe quel prix. La nouvelle du jour est que cela marche moins bien qu’hier. Sous la pression des pays producteurs, Pékin doit changer son fusil d’épaule et se battre avec les autres acheteurs, à armes égales !

En Afrique, les trois compagnies pétrolières chinoises subissent leur 3ème échec en trois mois. [1] Pour la reprise des parts du groupe Jubilee (Ghana), Exxon l’emporta en août sur la CNOOC. [2] En septembre, la reprise du rachat de parts de Marathon en Angola par CNOOC et Sinopec (pour 1,3MM$), fut bloquée par le gouvernement de Luanda, [3] En Lybie, la reprise des actifs de Verenex (Canada) par la CNPC, la compagnie nationale pétrolière, pour 482M$ devrait, disent les experts, connaître le même sort.

Ce qui se passe, est que le temps des rachats faciles est terminé, où l’on obtenait un gisement pour une route et un port, saupoudrés de quelques villas et Mercedes. Aujourd’hui, les pays ne cèdent plus ni gisement, ni pétrole, mais seulement la prime d’extraction, voire la garantie de livraison, au prix du marché (futur).

Or la Chine a besoin de toujours plus, de 8M barils/jour l’an passé, à 11M barils/jour en 2014, et 30 en 2030. Aussi est-elle obligée de renoncer aux arguments du type « fraternité tiers-mondiste», et payer plus. CNPC, alliée à British Petroleum, signe avec Bagdad son 1er gros contrat pétrolier post-Saddam : 38% du gisement chacun, mais pour 14 à 20MM$ d’investissement, ils n’obtiendront que 2$/baril de royalties d’extraction—et s’ils veulent emporter le pétrole, ce sera au prix fort.

Idem, la CNOOC accueille à Shenzhen (18/10) son 1er méthanier de Qatargaz, 216.000m3 de GNL (Gaz Naturel Liquéfié), d’un contrat de 2Mt/an. Le prix du gaz sera calqué sur le marché nippon – une fortune, et un recul très net par rapport aux exigences du passé, de tarifs fixes et bas en échange de la fidélisation « longue durée » du contrat de 25 ans. Idem, le groupe offshore s’apprête à obtenir ses premiers 20 derricks de forage en golfe du Mexique (aux USA), une première, mais le prix reste secret, et CNOOC n’obtiendra que ces 20 unités, sur les 471 à remettre…

Or, voilà que B. Obama demande à ses alliés arabes de livrer plus de pétrole à la Chine, et ceux-ci font mine d’accepter, tels les Emirats qui vont quadrupler leurs livraisons sous six mois à 200.000b/j. En échange, le Président américain prie Pékin de freiner ses commandes à l’Iran et surtout de voter les sanctions contre sa course à la bombe. Cela marchera t-il? C’est douteux, tant la soif de Chine en or noir est inextinguible !

 

 

 

 

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