Pour le 82ème anniversaire de l’armée populaire de libération APL (1/08), 33 généraux ont été réaffectés, tel Hou Shusen, 51 ans, patron de la région de Shenyang qui devient n°2 de l’Etat major général. L’idée est de rajeunir le haut commandement (moyenne d’âge à la Commission militaire chinoise CMC, 66 ans) tout en ralliant au Président Hu Jintao des jeunes officiers doués et sans soutien politique.
Après 26 ans d’existence, la Police Armée Populaire bouge, après le vote (27/08) d’une loi à son sujet. Elle se voit préciser son mandat – la répression des émeutes, des crimes violents et massifs, et des attaques terroristes. Mais l’impact le plus fort de la loi, est de retirer aux apparatchiks locaux le pouvoir d’engager la Police armée populaire, la police armée populaire. Il s’agit d’enrayer l’abus de cette force par des roitelets provinciaux à des fins personnelles—le retour des « seigneurs de la guerre »!
Raid sur la mafia : à Chongqing, 1500 gangsters, ou cadres à leur solde, ont été arrêtés cet été. Parmi eux se trouvaient Wen Jiang, patron de la justice, trois milliardaires, six commissaires et 30 à 40 policiers. Mais He Bing, criminologue doute que la rafle ait vidé l’abcès. La source du mal vient du dogme de l’Etat contre la liberté d’association. Vu le besoin incompressible des citoyens en structures d’entraide, faute d’avoir droit à des sociétés légales, ils les créent dans l’ombre !
A Canton aussi (comme sans doute, un peu partout en Chine), se poursuit la traque des grands corrompus. Sont tombés en juillet Chen Shaoji chef de la justice (dit oncle Ji), et Wang Huayuan, son adjoint anti-corruption. L’affaire est liée au cas de Huang Guangyu, ex-PDG de Gome le groupe d’électroménager, arrêté en 2008 sur un chef d’accusation obscur. Le grand nettoyage cantonais aurait été permis par Hu Jintao en personne, pour aider Wang Yang, le secrétaire du Parti et son allié local, à reprendre pied. Car le véritable homme fort de Canton n’était pas lui, mais «Oncle Ji», le mafieux.
Enfin, on connaît l’objectif du 4ème Plenum du XVIII. Comité central de début octobre. Il cherchera à «renforcer la construction du Parti dans les circonstances nouvelles». .
Le Comité central pourrait aussi promouvoir Xi Jinping, le futur n°1 en 2012, comme vice-secrétaire national. Xi se trouve être à la tête du groupe des «petits princes» (fils des leaders historiques). Cette faction fait face à celle des «jeunesses communistes», favorable à Hu Jintao. La promotion de Xi traduirait une tentative par Hu Jintao de consolider le Parti après son départ, en bétonnant le glacis instable entre ces deux cliques.
Ces manoeuvres de très haut vol semblent toutefois en porte à faux avec la demande toujours plus forte de la base, d’une « démocratie interne ». Et notamment, le droit d’élire certains des plus hauts cadres au suffrage direct, dès le XVIII. Congrès de 2012. La base réclame «l’accélération de la transition d’un parti révolutionnaire vers un Parti au pouvoir» : ce qui veut dire une séparation nette du Parti et de l’Etat. La différence d’attentes saute aux yeux : démocratie et promotion de l’Etat pour les militants, mais au sommet, la guerre de succession est déjà là!
Sommaire N° 27