A six mois de sa tenue à Copenhague, le futur plan de combat du réchauffement global force une accélération des échanges entre monde et Chine, comme la visite de Nancy Pelosi, Présidente de la Chambre des représentants US (1/06), le Forum Sino-suisse de l’Eau (Shanghai, 3/06), la Conférence sino-européenne du marché des CDM – Clean Development mechanism (Pékin, 12/06). Face à tous, la Chine avance une ligne dure, comme ces « 1% du PIB des pays riches à offrir aux PVD en technologies propres », ou ces « 40% de réduction de l’empreinte carbone des pays riches à effectuer sous 12 ans », tandis qu’Inde ou Chine pourraient poursuivre leur hausse de pollution sous un régime de «quotas volontaires».
Au plan intérieur cependant, le tableau est bien différent. Une sécheresse sans pitié menace nord et nord-est. Ce mois de mai y a été le plus sec depuis 1951. En juin, le Heilongjiang, avec 3°C de plus en moyenne, ne recevra que 50% de ses pluies normales. 6,2M d’emblavures, soit 53% de ce grenier à blé sont menacés. Or, les provinces semblent inconscientes de l’effort à faire pour réagir. Sur 113 villes priées par une ONG de fournir leurs bilans de pollution, 86 ont refusé, arguant du fait que de tels chiffres nuiraient à leurs affaires! Aussi, Pékin tente des mesures nouvelles, pour avancer :
A Yuxi (Yunnan), plusieurs cadres de Chenjiang Jinye, usine chimique sont condamnés de 3 à 4 ans de prison pour avoir déversé durant des années de l’arsenic dans un lac. Fermée depuis 10 mois, la firme est aussi condamnée à 2,34M$ d’amende.
D’ici 2012, Pékin veut que 30% de son électroménager neuf et de ses moteurs électriques soient économes en énergie. Pour les climatiseurs, cela représenterait 25M d’unités (chiffres de 2008). La prime ira de 300 à 850¥ selon modèle. En CO2, l’économie réalisée atteindra 75Mt, et en énergie, 75 trillions de watts.
La mesure qui suit est sans précédent, car entièrement dédiée à l’étranger. Il s’agit de «lignes de conduite» co-rédigées par le Ministère de l’Environnement (l’ex-SEPA) et le MofCom, sur la protection de l’environnement étranger par les firmes chinoises. Une fois approuvées par le Conseil d’Etat, elles seront contraignantes pour ces compagnies actives hors frontières, qui devront respecter les lois écologiques locales voire les chinoises, si plus sévères. Elles devront prévoir un recyclage pour les effluents de tout projet présent ou futur, et des dédommagements en cas de dégâts. Pour 40,7MM$ d’investissements sont concernés entre Afrique, Asie du Sud-Est et Amérique Latine, dans les mines, l’industrie et le pétrole. Chiffre qui croît chaque année de 60 à 100%.
NB : il ne faut pas attendre de cette mesure des miracles à court terme -la Chine a assez de mal à se faire obéir sur son propre sol, mais c’est un début, et un passage à l’ère de la responsabilité !
Sommaire N° 20