A la loupe : Séisme Sichuan: un an plus tard, la vie continue

Au Sichuan, dans la zone dévastée l’an passé par le séisme de force 8, 5M de sinistrés commémorent (12/05) le drame qui causa 87.000 morts et les jeta en quelques secondes dans la boue et l’horreur. Sans précédent en Chine, un élan de solidarité suivit, allégeant leurs peines. 2,3M$ d’aide privée fut collectée et l’Etat promit 147MM$ sur deux ans, pour alimenter des millions de chantiers publics ou privés, dont 8MM$ en aide alimentaire, scolaire, médicale, psychologique.

Sur place, tout ce qui n’est pas ruine est en chantier. Selon les plans, 80% des travaux auraient dû être achevés avant l’hiver, mais il y a des complications, en ville les litiges fonciers, en campagne la lenteur des dossiers. Sur ces projets typiquement de 70.000 à 100.000¥, Pékin finance 80% (jusqu’à 26.000¥ de prime, 50.000¥ de prêt). Mais ces imprévus font que sur les 1,7M d’appartements à rebâtir, seuls 33.000 sont achevés, et seul 1M sur les 4,7M de fermes. Tandis que seuls 236.000 chantiers sont engagés.

Parmi les 2300 projets d’utilité publique confiés aux provinces, seuls 13% des hôpitaux sont restaurés (dont celui de Zundao, en partie équipé par Sanofi Aventis avec la contribution de 3300 de ses employés), et 8% des écoles, dont celle de Shi He, à moitié reconstruite (800m²) par la banque de la diaspora OCBC (Overseas Chinese Banking Corp), pour 230.000$.

Le mot d’ordre, désormais, est la sécurité, en une architecture linéaire, sans étages, tournant le dos à l’architecture traditionnelle. Ni tuile, ni rien de ce qui peut tomber lors d’un tremblement de terre. Seule Dujiangyan (600.000 habitants), ville historique et joyau d’architecture avant le drame, a droit à un effort d’esthétique et d’urbanisme.

Les blessures de l’âme guérissent lentement. Doux-amer, un baby-boom se produit chez des milliers de couples ayant perdu leur enfant. Souvent âgés de 30 à 40 ans, ils se font dé stériliser aux frais de l’État (qui suspend ses règlements de planning familial) et conçoivent sur le tard, après des grossesses souvent difficiles, suivies de naissances prématurées, stress du souvenir. Ce choix est dû au besoin de dépasser leur tragédie, mais aussi, de s’assurer un nécessaire soutien de leurs vieux jours. Souvent, ils ont touché 8800$ de compensation, une promesse de pension, les frais d’accouchement – prix du silence, pour ne pas interpeller l’appareil local, pour ces 7000 salles de classes effondrées faute de ferraillage du béton, croient des experts indépendants. Pékin dément, et publie enfin son bilan des fatalités enfantines : « 5335 ».

L’essentiel n’est pas là. Il est dans le retour de l’espoir, du rêve. Justement, démarre le chantier du parc de pandas de Wolong, bien doté de 172M² (merci HK) : outre ses routes ou ses écoles, le Sichuan n’oublie pas de rebâtir les symboles de son identité.

 

 

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