Pol : La presse chinoise, entre Parti, passé et avenir

Les habits neufs de la presse chinoise

Le 7/04, la GAPP, la tutelle de la presse et du livre, donne un an aux éditeurs dépendant de la province et de l’éducation, deux ans aux éditeurs dépendant du niveau central ou des ministères, pour couper leur lien avec l’administration. 600 maisons et plus de 10.000 périodiques sont concernés.

L’objectif de la réforme est de regrouper ces firmes atomisées, dont les 20 plus grosses ne dépassent pas 20% du marché. Par fusions et acquisitions, fonds privés et entrée en bourse, Li Changchun, maître du secteur, veut voir émerger 6 à 7 groupes brassant 1MM²/an, capables de résister aux géants piaffant aux portes, Hearst, Bertelsmann ou Hachette-Philipacci. Le document affirme que la censure demeurera entière. Mais des géants déjà en place, tel Shanghai Media, très puissant et diversifié semblent quand même toujours plus capables de résister, faisant intervenir leurs actionnaires et alléguant de la lutte pour la publicité pour justifier leur audace éditoriale.

Pour cette raison, CCTV, Xinhua et autres dinosaures «d’intérêt public» sont exclus de la réforme, pour ne pas « subir la pleine force du marché» (sic). Ce qui révèle une contradiction: comment moderniser la presse dont le succès dépend du public, sans en même temps, l’émanciper !

 

 

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