A la loupe : L’OMC aussi, redémarre

Côte à côte avec la réforme monétaire mondiale et l’action contre le réchauffement climatique, l’organisation mondiale du commerce, l’OMC aussi poursuit sa mue. Son patron Pascal Lamy sera au G20 de Londres le 2 avril, pour convaincre les 20 puissances commerciales de signer la ronde de Doha, paquet de concessions commerciales qui ouvriraient aux signataires des centaines de milliards de dollars de marchés, ardemment convoités par les temps qui courent.

A Londres, P. Lamy dénoncera les 47 mesures protectionnistes adoptées en catimini par «au moins 17 pays». Et, précise Gordon Brown, «à l’avenir, il continuera à dépister ces actes de protectionnisme, et à nous les rapporter». Tout se passe comme si affolés de crise, les pays faisaient du «n’importe quoi» pour sauver des bribes de leur emploi à l’export, sur le dos du voisin. La Chine se plaint de voitures américaines bradées sur son sol, l’Amérique dénonce le dumping chinois sur le textile, et le Canada et l’Inde, son dumping sur l’aluminium, les produits chimiques etc…

Inlassable, Lamy est monté (23/03) à Washington voir Ron Kirk le nouveau secrétaire au commerce et les lobbies américains agricoles et des services. Son argument est percutant : en réduisant le champ des taxes et des subventions, Doha sera la meilleure garantie d’éviter la guerre commerciale multilatérale. Mais pour ces lobbies, nul accord ne se fera sur la base du compromis rejeté en décembre, et Brown commente : « la pierre d’achoppement se trouve entre les Etats-Unis et l’Inde », Delhi ayant préféré faire tout capoter en décembre, plutôt que de risquer un déluge de livraisons agricoles US.

L’aspect encourageant et inattendu, est l’attitude de la Chine. Chen Deming, ministre du commerce annonce, en marge du Forum Chinois de Développement 2009, que le pays s’apprête, pour aider à aboutir, à «faire preuve de flexibilité sur des sujets, tel le mécanisme spécial de sauvegarde de l’agriculture». Cette question était justement celle qui avait amené à la rupture en décembre avec l’Inde et elle-même. Chen est aussi prêt à ouvrir davantage le secteur des services (tourisme, banque, assurance, bourse), « mais seulement après la conclusion de la ronde de Doha ». Pour lui, la balle est dans le camp des pays développés : Américains, voire Européens doivent encore éradiquer « 70 à 80% de leurs subventions vertes, qui font distorsion ».

Pour justifier un tel effort, et le démantèlement de ses tarifs douaniers industriels, Ron Kirk attend des pays émergents une ouverture plus convaincante de leur marché.

Les palabres débuteront ce 2/04 à Londres : les leaders devraient y affirmer leur encouragement unanime à ce dernier tour de piste. Lamy espère l’aboutissement au début de l’été, une fois que l’équipe d’Obama aura bien en main ses rênes et sa politique commerciale. Et une fois passées les élections législatives en Inde, cela va sans dire.

 

 

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