Hu Xiaolian, une femme d’appareil
Hu Xiaolian préside la SAFE (Administration d’Etat des devises étrangères) et est n°2 de la Banque populaire de Chine. En 2007, le Wall Street Journal la désignait une des 50 femmes «à suivre» dans le monde. Son parcours dénote d’un génie des études, et du contact. Née en 1958 dans le Hubei, elle sort à 26 ans de la promotion inaugurale (18 élèves) de l’école de la Banque populaire de Chine, en finance, une des priorités de Deng Xiaoping. Pour rejoindre la SAFE, chapelle royale de la finance internationale où elle croisera désormais les patrons des JV, des corporations étrangères, des zones économiques spéciales. Dès lors sa carrière est tracée, membre de la section du Parti de la SAFE en 1999, de celle de la Banque populaire de Chine en 2004, puis suppléante au Comité Central en 2007.
Mère d’un enfant, nageuse émérite, bonne anglophone, elle a beaucoup d’amis dans la sphère financière. Sans être pour autant toujours dans le secret des Dieux: le 24/03, Zhou Xiaochuan son n°1, ne l’a pas informé de son projet de remplacement du dollar par une nouvelle monnaie panier: «nous ferions mieux de nous concentrer sur le renforcement du système financier international» a-t-elle répondu quelques heures plus tôt à la presse, pour critiquer le projet russe, jumeau de celui de Zhou… En somme, une apparatchik ayant mérité sa place, en prouvant sa loyauté indéfectible.
Missile coréen, le silence de Pékin
Se rappelant au bon souvenir du monde, Pyongyang annonce le 24/03, pour avril, le tir d’une fusée pouvant atteindre l’Alaska. Il la dit porteuse d’un satellite, mais USA et Japon, craignant un test nucléaire, se préparent à la détruire si elle vole vers leurs sols. En tel cas, Pyongyang menace de reprendre son programme atomique, dont les alliés avaient obtenu l’abandon en ’07. Dans ce jeu de poker, la Chine garde profil bas. En cas de tir de l’engin, elle acceptera une «réponse commune» avec la Corée du Sud, mais pas de sanctions. Pour différentes raisons: [1] Pékin croit que Pyongyang ne fait que tester la réaction d’Obama.
[2] Pékin s’efforce -dans certains cas!- d’éviter toute publicité à des démarches terroristes ou de chantage: histoire de lui refuser le bénéfice de cette publicité. [3] En tout état de cause, Pékin a déjà dit à la Corée du Nord ce qu’il attendait d’elle, durant la visite (17-22/03) de Kim Yong-Il, son 1er Ministre. Sans témoin, mais fermement. Car le « pays du matin calme» dépend pour sa survie, d’une large aide chinoise (grain, pétrole, vêtements), surtout en fin d’hiver -quand ses greniers sont vides. Wen Jiabao a pu rappeler à Kim ce proverbe qu’il affectionne: « on ne mord pas la main qui vous nourrit ».
Comment le migrant rentre chez lui
Par sondage, le Bureau de statistiques vient de dresser la carte la plus récente des «nong-mingong», ruraux non paysans. Au 31/12, ils sont 225 millions, dont 140 millions montés à la ville. Puis est tombé le couperet de la crise : au Chunjie (festival du printemps), 70 millions retournèrent au village, dont 14millions ne sont pas repartis. Parmi les 56 millions d’autres, revenus à la ville, 45 millions avaient repris le travail, 11M en cherchaient.
Bilan : les villages ne retiennent plus que 37,7% de ces «non fermiers». Les régions les plus migrantes sont le Centre (37,6%) et l’Ouest (32,7%), et c’est à l’Est qu’ils vont à 71%. Le même Est rural a su retenir le plus de ces non-fermiers : 62% dont 17% au delta du Yangtzé, et 24% à celui des Perles (régions richissimes, où l’ouvrage ne manque pas)…
Selon la statistique, parmi les 23 millions de chômeurs migrants retournés ou non au bercail, seuls 6% à 13% restaient impayés, 2,2% à 6% restaient sans terre, et de ces derniers, seuls 5,7% l’étaient suite à expropriation. Dernier chiffre : parmi ceux ayant perdu leur terre, seuls 5,4% comptaient se battre pour la ravoir, et 0,3%, pour la cultiver eux-mêmes. Comme pour suggérer que pour le migrant, l’abandon du métier de cultivateur est un choix définitif.
Sommaire N° 10