Pol : Dépassées les ventes d’armes à la Chine?

Dépassées, les ventes d’armes à la Chine ?

A Serdyukov, ministre russe de la défense, est attendu à Pékin pour résoudre la crise des ventes militaires à la Chine: de 40% de ces exportations de la CEI en 2000, elles ont chuté à «presque rien».

Les généraux de l’APL, l’armée chinoise, seraient fâchés de l’incapacité russe à honorer une commande de ravitailleur en vol (la faute, à un sous-traitant ouzbèk). Et d’une promesse à New Delhi, de lui livrer des systèmes d’armes sophistiqués. Moscou hésite aussi, sur quels équipements offrir à l’APL sans altérer la sécurité nationale.

Mais un expert américain soupçonne l’industrie russe de se voiler la face : les arsenaux chinois passent plus vite que prévu à l’étape suivante dans la chaîne de l’innovation. Ils cessent de copier bombardiers et destroyers russes, pour en améliorer la technologie et le design. Et ainsi, la Chine s’affranchit aussi de sa dépendance militaire envers Moscou qui, pour sauver la face, préférerait prétendre que le refus serait de vendre, et non d’acheter !  

Le Sénat américain se pose une question proche de celle de Moscou, sur les limites à ne pas franchir en ventes d’armes: il réclame l’abandon du programme verified end-user, à peine adopté, qui permettrait à des compagnies installées en Chine d’importer sans licence des outils de pointe. Car 2 des cinq firmes choisies, une fois « vérifiées », se sont révélées partiellement militaires : Hua Hong NEC, propriété de China Electronics pourvoyeur de l’APL, et BHA Aerocomposite Parts, JV de Boeing et d’AVIC-1, qui produit des avions de combat. Boeing se défend—mais les élections américaines risquent de faire capoter ce plan…

Le rond-de-cuir passe au plastique

En matière de lutte contre la corruption, le Parti expérimente un outil nouveau : la carte de crédit « note de frais ».

Distribuée depuis juin dans 7 organes (dont CCID et CSRC) et à 4 gouvernements provinciaux (Shanghai, Chongqing, Heilongjiang et Gansu), cette monnaie plastique de China UnionPay permet d’y voir plus clair et de supprimer de la paperasserie : l’organisme payeur voit directement qui a dépensé quoi, quand et où. Si des doutes émergent sur le pourquoi, il suffit de réclamer le justificatif. Tout remboursement de dépense par un autre moyen est décliné.

Au dernier sommet financier (30/1, Pékin), Wang Hongzhang, du comité du Parti de la Banque centrale, a dévoilé que ce système mettait en échec les pratiques du chèque en blanc et du trésor de guerre  d’unités ministérielles, qui atteignaient l’an passé (janvier-novembre) 2,7MM². Vu son succès, le système va être universalisé, pour couvrir toute l’administration d’ici 2010.

 

La démocratie, inadaptée à l’Afrique?

Un intéressant éditorial au Quotidien du Peuple du 14/01 évoque une analyse officieuse sur le conflit kenyan.

Pour lui, la source du problème, est la «démocratie occidentale transplantée» qui aurait détruit la « démocratie originelle», faite d’équilibres délicats entre les ethnies -les élections étant l’agent détonateur. De même, le colonialisme aurait contribué à cette déstabilisation, en instaurant le pouvoir d’une ethnie sur les autres. Modèle ensuite reproduit par l’ethnie locale majoritaire des Kikuyus (25% de la population et 7M de membres), qui dominent depuis des décennies les 69 autres ethnies ou clans («avec le soutien de l’ancienne puissance coloniale, la Grande Bretagne »), provoquant aujourd’hui leur soulèvement. La dernière cause du clash, étant le scandaleux l’écart des richesses…

Analyse évidemment idéologique, mais qui prête à réfléchir. Pour la Chine, le modèle européen a échoué en Afrique -thèse défendable. L’avenir aurait plus de chance, en « préservant la stabilité nationale», par exemple en abolissant multipartisme et suffrage universel. Des idées, pour l’Afrique, sur lesquelles Pékin n’a pas varié en 30 ans. Il est vrai que la précarité actuelle du sous-continent noir peut tenter la Chine de rêver à mieux faire. Mais reste à voir ce que les Africains, principaux intéressés, auraient à dire de son programme !      

 

 

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