A la loupe : Crise financière : le sort des USA, aux mains de Pékin

La grande crise asiatique de 1997 avait épargné la finance chinoise, encore protégée par son cloisonnement étatique. A présent, le tsunami éreinte le monde boursier, chinois compris, mais non la finance chinoise. La Banque mondiale l’assure:   nulle céleste banque ne suivra dans la faillite  Lehman’s ou autres, puisque seuls 3,7% de leurs actifs sont « à risques » hors frontières. D’autre part, les 1800MM$ de réserves publiques et leurs propres confortables réserves leur permettent d’observer la tempête avec sérénité. Du coup, la finance chinoise qui passait il y a cinq ans encore pour percluse de mauvaises dettes, face à ses homologues en «acier trempé», fait aujourd’hui figure de superstar !

Le risque provient d’autres secteurs tel l’immobilier qui casse ses prix de 25 à 35%, les trois 1ers milliardaires (dont la fortune, en Bourse, depuis janvier a fondu de 50%, parallèle à la bourse,  -66%), ou l’assureur Ping An qui vient de perdre 1,8MM$ dans sa désastreuse acquisition de 4,18% dans le belge Fortis, sauvé de la faillite par le gong (son rachat à 75% par BNP-Paribas).

Sur le fond, la Chine a le choix entre renflouer les US pour sauver le circuit  monétaire Yuan/$, ou non. Pour l’heure, elle feint de botter en touche, arguant que sa meilleure contribution au redressement global est sa croissance, et que c’est avec l’Asie (dont il se voit redevenir le leader) qu’elle veut forger un nouveau système monétaire indépendant du US$, à commencer par un fonds d’intervention de 80MM$ (idée coréenne) avec Japon et ASEAN.

En interne bien sûr elle se sait vulnérable, dans l’oeil du typhon, comme en témoigne son cours de l’acier en baisse de 20% depuis août. Sa croissance de 11,9% l’an dernier a vécu, avec ses deux piliers menaçant de s’effondrer – l’investissement (4,9%) et l’export (2,7%) – que la consommation (4,3%) ne pourra pas relayer : elle ne compte que pour 38% du PIB (un tiers de moins qu’en Inde).

Aussi, comme mesure prophylactique, avec du cran, la Chine dérégule la bourse, autorisant short selling et margin trading, pratiques à risque que les Etats-Unis interdisent depuis peu. Elle limite aussi le droit de timbre, et détend le crédit en même temps que le reste du monde—mais moitié moins, à 0,27%. 

Analyse : dans la débâche mondiale, sur ses 1800MM$ placés en bons d’Etat américains, Pékin en aurait perdu 500MM$. Loin de paniquer pourtant, il affiche la sérénité, une force tranquille : c’est que lui seul dispose de la réserve, du pouvoir de sauver l’homme à la mer américain voire mondial, en rachetant ostensiblement, pour rétablir la paix, jusqu’à 200MM$ de bons américains. Sur la pointe des pieds, l’annonce de ce soutien chinois à la défense de la stabilité monétaire mondiale apparaissait ce dimanche 12 octobre au soir. Preuve par neuf de la fin de la guerre froide ! 

 

 

 

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