Joint-venture : L’Occitane en bourse de Hong Kong

● Shanxi : le solaire va au charbon

Un groupe public du centre de la Chine prend une place dominante dans un créneau d’avenir, grâce à une PME allemande. A Houbu (Shanxi), Lu’an est un poids moyen du charbon, qu’il extrait à raison de 12Mt/an. 155ème groupe du pays, il a aussi un pied dans la mécanique, le ciment, la filière bois -et bien d’autres. Le prix du charbon qui s’envole lui assurent une confortable réserve de cash: assez pour acheter à Centrotherm (Blaubeuren) la chaîne intégrée nécessaire pour maîtriser la transformation de sa silice en cellules photovoltaïques. Le contrat du 14/07 pourrait atteindre 160M², pour un «grand nombre» de réacteurs et convertisseurs (pour obtenir 7t/j de polysilice de qualité solaire), et deux lignes « clé en main » de cellules, d’une capacité de 30MW/an. 1ères livraisons prévues sous 12 mois. Le marché est évidemment porteur : dès fin 2009, la capacité solaire chinoise installée atteindra 4MMGW. Mais l’enjeu va plus loin. Des 50 producteurs chinois solaires actuels, peu survivront dans dix ans, faute de maîtriser toute leur chaîne de production. Lu’An fera probablement partie des gagnants, ayant toutes les cartes en main, matière première, fonds et technologie. La seule question qui intrigue, est quelle énergie poussant une groupe « baron de province » à s’arracher à sa léthargie : la loi, peut-être, qui lui impose l’investissement en énergies renouvelables?

 L’Occitane en bourse de Hong Kong

En 1976 en Hte Provence, O.Baussan lança LOccitane, vendant son huile de romarin sur les marchés du coin. Depuis, bien des huiles essentielles ont coulé sous les alambics : la PME dégage 417M² de CA en 2007. Si les savons, shampoings et autres parfums restent produits à l’usine-laboratoire de Manosque (400 salariés), la France n’arrive que 3ème dans ses carnets de commandes, derrière les US et le Japon. Après avoir risqué le rachat par L’Oréal, L’Occitane a réussi à regagner sa liberté l’an passé, reprenant ses parts chez Clarins, pour ne conserver que 20% de ses actifs en bourse européenne. Et voilà qu’à présent elle «remet ça», préparant son entrée en bourse de Hong Kong, une des rares places à résister au typhon financier mondial -elle n’a perdu, depuis janvier, que 3%. L’Occitane compte y lever 300M$, avec pour parrains de l’opération UBS, HSBC et CLSA. HK offre surtout une porte d’accès sur le marché chinois, où la firme provençale possède déjà 35 boutiques en propre – trop peu, pense-t-elle, en regard à la demande, et à ses 1000 surfaces dans 70 pays…

NB: Starbucks lui, ferme 600 cafés aux US et veut en ouvrir 80 en Chine cette année, cela lui en fera 380. Pour la 1èrefois dans l’histoire, on peut envisager que des groupes disparaissent du sol natal, pour renaître à l’autre bout du monde. L’Occitane passe à cet état dès l’enfance, produisant déjà à 86% pour l’étranger.

● Subprimes : la Chine éclaboussée

Le 11/07, Fannie Mae et Freddy Mac, organismes de crédit sous tutelle de l’Etat américain, détenteurs de la moitié des hypothèques privées US, furent repêchés par Washington. Mais pas leurs créanciers ! Peu après, China Daily, levant le coin du voile, évoquait les conséquences pour la finance chinoise : quatre banques risquaient la perte de 30MM$, dont 20MM$ à la BdC, le reste étant partagé entre CCB (7MM$), Citic et ICBC. C’était la plus grosse perte en subprimes jamais admise en Chine. Mais est-ce bien tout? Non, dit ce récent rapport du Congrès, qui estime à 400MM$ les bons d’Etat détenus outre Pacifique fin juin 2007 par la BPdC, banque centrale. Et parmi ces positions, Fannie Mae et Freddy Mac figurent au 1er rang. Or, depuis juin 2007, les réserves chinoises n’ont fait qu’augmenter, atteignant 1800MM$ : sur ces réserves, combien de centaines de MM$ sont grillés, que Pékin cache encore, ou ignore? Effrayées par ce questionnement, les Bourses d’Asie ont chuté (-3,43% à Shanghai le 15/07): désormais, la finance chinoise, publique comme privée, ne se sent plus invulnérable, puisque les cloisons avec la finance mondiale ne sont plus étanches. Mais s’il en est ainsi, quel avantage reste-t-il, à garder le RMB non-convertible ? La Chine perd des deux côtés.

 

 

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