Joint-venture : Finance : les banques étrangères se sinisent

Finance : les banques étrangères se sinisent

Hankou Bank, ex-Wuhan Bank (25/06) cherche partenaires étrangers.

Peut-être plus aisé à dire qu’à faire, dit le sondage de PricewaterCoopers auprès de 42 banques non chinoises, qui avouent avoir perdu l’appétit pour leurs soeurs célestes. C’est que depuis 2007, au titre de l’OMC, l’organisation mondiale du commerce, il leur suffit de se faire incorporer comme firmes locales, pour se passer de leurs partenaires hier obligatoires. Et pourtant, en même temps, 50% de ces maisons vont continuer, sous trois ans, à racheter des actifs —mais hors des banques. Car le secteur se fait moins lucratif, en période de surchauffe. Il y a les contrôles stricts anti-spéculation sur le ¥, les entraves au prêt (les réserves obligatoires), les délais, règlements, et bien sûr, l’écrasante concurrence locale…

A ce moment, la finance trouve d’autres terrains pour prospérer : le courtage boursier (des bourses nationales et internationales), pour contourner la non convertibilité du ¥, les marchés à terme (sur des produits de plus en plus rares et chers), le tout constituant autant d’outils à disposition pour la gestion de fortunes privées. Et c’est là que la banque étrangère se déverse, profitant d’une avance en savoir faire sur la locale. Crédit Suisse et CLSA obtiennent (15/06) pour leurs JV avec Founder et Fortune (chacune à 33%) la licence en gestion de portefeuille -ticket d’entrée pour le client : 100 000². BNP-Paribas achève (25/06) son incorporation avec 4 filiales et sous 2 ans, 650 emplois. KBC (belge) opte pour le fonds de placements boursier pour étranger en ¥, sous licence QFII.

Le batave ING prend le plus de risques avec son fonds de 750M$ qu’il espère porter à 2MM$ pour reprendre (une bouchée de pain) les actifs faillis des promoteurs. Tous ces sondés de PwC gardent un moral d’acier, ils croient doubler leur croissance cette année et conserver un rythme de +40 à 60% dans les années à venir.

Agroalimentaire: Cargill met la gomme

L’histoire chinoise de Cargill se confond avec celle des relations sino-US: suite à la visite de R. Nixon en 1972, la multinationale agroalimentaire s’était installée à Pékin, important et exportant  grains, huiles, sucre, jus de fruit, aliments pour bétail, et même l’acier, pour arriver à sa force actuelle, avec 25 firmes en propriété ou en JV dans 16 provinces, et 3000 employés assurent 3MM$ de ventes annuelles. A présent, Cargill duplique à Zibo (Shandong) un de ses produits les plus modernes, le xanthène, gomme polysaccharide émulsifiante-E415 selon le code européen.

Deux versions sont produites : le Satiaxane CX800 stabilise, épaissit ou améliore la texture d’un aliment. Le CX801 réhydrate instantanément les lyophilisats. Les deux finiront en assaisonnements, sauces, desserts congelés, produits laitiers, préparations à base de fruits, etc. Le site de Baupte (France) assurait jusqu’alors la production mondiale : Zibo sera trois fois plus grande, pour un marché allant de la Chine aux USA, en passant par l’Asie et l’Europe de l’Est.

NB : très respecté en ce pays, Cargill lançait en mars un programme en JV avec l’AQSIQ, tutelle de l’hygiène chinoise, pour former les industriels aux normes mondiales, incluant des stages dans ses usines. Manière d’aider la Chine à interdire à l’avenir, tout remake de la vague de scandales de l’été 2007 !

Droit du travail : IBM, épinglé

Le 18/06, la cour d’arbitrage du travail de Pudong (Shanghai) émit un verdict qui fera date.

IBM devait réintégrer Yuan Yipeng, 26 ans, licencié pour «viol des règles d’entreprise» – il souffrait d’une dépression. Recruté en 2006, l’ingénieur était bien portant, jusqu’à la crise de neurasthénie qui le frappa en mars 2007. En juin, il offrit de démissionner : fort «classe», l’employeur lui offrit un congé-maladie. Deux mois après, requinqué, il demanda sa réintégration, mais le centre de soins précisa un besoin de «soins réguliers». C’est alors qu’IBM lui interdit l’accès au bureau et lui notifia son licenciement après 6 mois- juste après sa tentative de suicide. En mars, il porta plainte et obtint gain de cause. Concluant à un cas de discrimination pour maladie mentale -une 1ère en Chine-, ce conseil « des Prud’hommes» cassa le licenciement et octroya au plaignant 5700² de dommages -IBM est en appel.                                                    NB : selon un avocat chinois, la dépression ne peut constituer un motif valable. La procédure juste aurait dû consister à démontrer l’incapacité de travail. Mais quoique de bonne volonté, le verdict apparaît impraticable et en fin de compte, nuisible aux deux parties:

[1] après 12 mois de litige amer, la réintégration apparaît irréaliste, faute de confiance.

[2] Pour IBM, quel type d’emploi confier à un suicidaire, quid de son utilité technique? Ce que le verdict IBM débusque, avant tout, est un vide juridique.

 

 

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