Pol : Travail d’enfants et JO ne font pas bon ménage

Taiwan Chine — audace, nouveau départ

     Après 59 ans de séparation, Taiwan et la Chine rouvrent leurs liaisons aériennes.

Le 13/06, Chiang Pin-kung, négociateur du Kuo Min Tang  signait l’accord historique à Pékin. À partir du 4/07, du vendredi au lundi, 36 vols relieront les deux rivages, côté Chine : Pékin, Shanghai, Xiamen, Nankin, Canton, et en face 8 villes, dont Taipei, Kaohsiung, Taitung et Hualien. Les deux  bords sont aussi convenus d’élargir le tourisme chinois à 3000 visas quotidiens (10 jours max) et 1M/an, contre 80.000 actuellement.

Un autre projet prendra plus de temps: l’ouverture de «représentations permanentes», sortes d’ambassades très spéciales, à Pékin et Taipei.

NB : les implications des accords pris sont importantes : économiques (le PIB taiwanais va remonter en 2009). Tandis que le transport aérien Hongkongais et macanais va perdre.

Implications militaires : l’armée insulaire s’inquiète que le KMT ait ouvert au touriste chinois ses deux bases de Taitung et Hualien, dernière ligne de défense en cas d’attaque continentale… Enfin, c’est une sortie de l’impasse où avait mené 10 ans de pouvoir du parti indépendantiste, le DPP, sous l’angle des rapports avec la Chine—même si la liste des accords faciles, risque d’être désormais rapidement épuisée.

Travail d’enfants et JO ne font pas bon ménage

En été 2007, PlayFair, lobby de protection des travailleurs, avait gêné le Bocog, le comité national olympique, en dénonçant des cas de travail d’enfants et de travail dangereux dans des usines chinoises titulaires du label olympiques aux 5 anneaux : suite à quoi Kekit, une de ces firmes, avait perdu sa licence.

Le 10/06, PlayFair fait au CIO, le comité international olympique, une «piqûre de rappel», par sa pétition de 12.000 signataires (99 nationalités), l’accusant (entre autres) de ne pas révoquer les licences des firmes transgressant les normes.

NB : Cette action ne dénonce pas que la Chine, et vise surtout les jeux à venir de 2016 : elle veut y imposer des critères d’attribution excessifs, pénalisant les régimes non démocratiques…

Pas par hasard, la pétition était remise à 48h du jour mondial de la protection de l’enfance. Or, le pouvoir admet ses torts. Tong Lihua, patron d’un centre pékinois d’aide à l’enfance, reconnaît que le pouvoir n’applique pas ses lois, telle celle réprimant l’emploi des jeunes de moins de 16 ans sous peine d’amende de 500². La Chine reconnaît aussi les centaines d’esclaves des briqueteries du Shanxi l’an passé, et les 1000 jeunes arrachés en avril à des usines du Guangdong où ils travaillaient à 2,4¥/h : chancre social causé par la pauvreté, dit-elle.

Sur un dossier au moins, la Chine est dite en progrès par l’Union Européenne. Pour sa 3ème visite en 12 mois, la commissaire Meglena Kuneva déclare que «presque toutes» ses notifications sécuritaires ont été prises en compte. Tandis que Li Changjiang, monsieur sécurité des produits en Chine, annonce que depuis août 2007, 700 firmes de jouets, aux normes de qualité insuffisantes (20%), ont perdu leur licence d’exportation : on va dans le bon sens…

 

Droit—les petites ailes des bases de données

Dès 2006, 92% des Chinois sondés par le Journal de la jeunesse, croyaient «probable» la fuite de leur dossier administratif vers le secteur privé.

Deux ans après, 40.000 femmes enceintes de Shenzhen confirment : entrées sur l’intranet de 70 hôpitaux, leurs données personnelles ont fui dans la rue. Pour 1200², tout le marché des produits et services périnataux a pu racheter le sésame du marketing « voyou » : le CD de leur état-civil, nom, adresses (postale, e-mail), n° de téléphone, hôpital, date d’accouchement. L’affaire a été révélée par les parturientes qui ne supportaient plus les dizaines de SMS d’offres de bricoles pour bébés : lait en poudre, poussettes, layettes, clubs de gym (préparatoire ou de remise en forme), nounous. Des futures mères angoissent d’être ainsi «repérées». D’autres refusent la douche d’annonces non sollicitées. Elles ne peuvent pourtant porter plainte : la loi actuelle ne le permet qu’en cas de diffamation…

Jiang Hanping, patron du bureau municipal de la santé et du planning familial, assume la responsabilité -l’enquête est ouverte. Remonter au corbeau n’est pas impossible : les re-vendeurs de CD promettent la réactualisation mensuelle, suggérant un cadre ayant accès complet et permanent à l’intranet. De même, le fauteur pourrait être un rescapé de la Révolution culturelle, pour qui l’intimité était un préjugé bourgeois. Enfin, ce scandale pourrait avoir pour résultat de tirer le législateur d’un long sommeil, depuis 2003, date à laquelle la loi de protection des données privées fut mise en chantier, sans aboutir, cinq ans plus tard…

 

 

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