Temps fort : Où flamme olympique et Tibet se rejoignent

Cahin-caha, la flamme olympique a poursuivi son chemin, sous de fréquents dérapages.

Le 17/04 à New Delhi, 35 petites minutes de marche écartèrent toute possibilité d’incident : la torche était entourée par 16.000 policiers et soldats. Prudente, Bangkok (19/04) organisa son relais au sein d’un grand hôtel, sur invitation pour quelques poignées de happy few. Djakarta suivit l’exemple, guichet fermé pour 5000 hôtes. Canberra (23-24/04) revit les tensions de Paris ou Londres: la marée rouge de milliers d’étudiants chinois appelés à « défendre la flamme » (50 bus, T-shirts, drapeaux rouges payés par Pékin) écrasèrent dans leur masse quelques 100aines de pro-tibétains, tandis que les «gardiens de la flamme » jouaient à pousse-pousse avec la police : l’opinion australienne en ressort choquée. A Nagano (Japon, 26/04), l’annonce de discussion directe sino-tibétaine, réduisit la tension: le temple de Zenkoji qui avait refusé d’accueillir la torche, tint un culte pour les récents morts de Lhassa, et la course de la flamme eut lieu à peu près normale, hordes pro- et anti-chinoises séparées par la police…

L’étape de l’Everest se prépare à être le pic mondial… de la controverse. Invoquant l’incertitude météo et l’effort physique pour les reporters, le BOCOG amputa de moitié (22/04) leur séjour tibétain. Les journalistes invoquèrent le risque de mal de l’altitude, à devoir rejoindre pour 3 jours seulement un camp de base à 5150m. Alors en plein chaos, l’autorité emmena certains invités, en laissa d’autres, tandis que sur l’autre versant, le Népal, zélé, avertissait qu’il ferait tirer à vue sur tout dissident alpiniste.

Pendant ce temps, sur ce front du Tibet, les nouvelles se suivent telles les giboulées, contradictoirement optimistes ou pessimistes. la presse réimprime ses articles positifs, parfois vieux d’années. Mais depuis le 7/04, on n’a plus revu Jamyang Kyi, présentatrice de TV et chanteuse tibétaine arrêtée. Pékin annonce la reprise du tourisme sur le plateau, avec 4 groupes (chinois) attendus imminents. Mais le 26/04, il poursuit les accusations au pontife lamaïste, jugé au Quotidien du Peuple « hérétique aux commandements du bouddhisme ».

Pékin annonce aussi 570M¥, investis dans la conservation du patrimoine culturel du plateau, ainsi qu’un projet de « rééducation » des cadres, mais on ne sait s’il prétend corriger les actes de vexation religieuse ayant abouti au soulèvement, ou bien les seules aspirations séparatistes. Tout ceci suggérant, au sommet, un débat qu’on devine très partagé sur cette question cruciale, engageant les JO, mais surtout l’avenir du « Toit du monde » et la relation avec le monde.      

 

 

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