Raffineries chinoises, goût saoudien
1ère société pétrochimique au monde par sa valeur marchande, Sabic donne des signes d’impatience, attendant depuis « plus d’un an » le feu vert pour bâtir son projet chinois de complexe de transformation d’or noir, à 5,2MM$, près de Dalian, en partenariat avec Sinopec et Dalian Shide.
Cette lourde unité devrait compter une raffinerie classique et une tour de craquage d’éthylène. Début 2006, après deux ans de palabres, l’accord commercial était signé… Le Président de Sabic, prince de la famille royale, menace d’aller voir ailleurs ! La colère rentrée du prince saoudien est exacerbée par le fait que Pékin vient d’accorder sa licence à la concurrence, Aramco qui signe le 25/2 avec Sinopec et Exxon un double contrat en MM$, donnant naissance au 1er projet pétrolier intégré sino-étranger, permettant raffinage, craquage et distribution en Chine. Le complexe de Quanzhou (Fujian) sera triplé en capacité à 12Mt/an, produisant 2,7Mt de carburants, éthylène et autres. La JV commerciale écoulera le carburant dans 750 stations-service. L’une et l’autre géreront un appontement pour tanker de 300.000TJB, différents terminaux dans la province, et une centrale thermique. Ces JV sont le 1er fruit d’un partenariat stratégique sino-saoudien, visant la création de 10 raffineries saoudiennes en Chine, alimentées au pétrole sulfureux de Ryadh – moins cher, mais nécessitant plus d’équipements. L’incompétence administrative étant impensable sur un dossier à telle priorité, le retard chinois est incompréhensible.
NB : autre feu vert à CNPC le 16/02 pour une raffinerie de 10Mt /an à Qinzhou (Guangxi), pour concurrencer Sinopec. Traditionnellement, CNPC détient la ressource, et Sinopec, le marché !
Un pied sous l’eau, en Chine pour Bouygues
Huit jours après l’obtention de la licence, Bouygues Travaux Publics lance les pelleteuses de son 1er chantier chinois : 2 tunnels autoroutiers de trois voies sur 8kms, entre Shanghai et l’île de Changxing. Passer sous l’estuaire du Yangtze ne devrait pas faire peur au bâtisseur du Tunnel sous la Manche, mais Bouygues utilisera un procédé inédit, les tunneliers creusant simulta-nément, tout en posant l’ossature de béton. Ce sera le plus long tunnel sous-marin de Chine, et pour obtenir le gros débit nécessité par le client, BTP battra son propre record mondial de diamètre des tunneliers, à 15,43 m. Dans ce contrat de 185M², la part du lion reviendra au chinois STEC, l’expert local, 74M² revenant au français. Pour cette construction, 20 ingénieurs Bouygues Travaux Publics superviseront une équipe de 400 personnes. Ce chantier emblématique récompense une longue patience : très actif à Hong Kong, avec sa filiale Dragages, Bouygues a du attendre 20 ans, sa réelle entrée en Chine!
Ménage à trois sur le marché des coeurs solitaires
Match.com, n°1 mondial des rencontres sur le net (du financier Barry Diller) vient de convoler le 27/02 avec Netclub le n°3 français (4M d’abonnés) et le chinois eDodo (180.000 membres payants,3.000 nouveaux / jour).
Le montant des dots reste secret. Dans 35 pays, en 15 langues, Match.com assemble 15M d’âmes esseulées —il en tirait 311M$ en 2006 (+25%). Avec eDodo, il tire le jackpot, car ce marché où les hommes sont 117 pour 100 filles, ouvre à l’américain un terrain de chasse de 64M de coeurs branchés sur internet, chiffre devant quasi-doubler cette année. Match.com entre avec Meetic (le rival français, leader européen) en concurrence directe : ayant repris depuis 13 mois eFriendsNet, le 1er réseau communautaire mobile du pays (4M d’abonnés), Meetic a lancé au 31/7 son service de rencontres en ligne.
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