A la loupe : Deux réformes aux sorts divers : alimentaire et santé

Sur la qualité des produits, la Chine entière est unanime pour réformer, et vite : en dépend sa bonne image, ternie par des mois de scandales à répétition !

A Canton depuis juillet, les 1726 fabriques de jouets habilitées à exporter ont été inspectées : seules 272 s’en sont tirées indemnes. 764 ont vu leur licence retirée ou suspendue, et 690 autres se sont vues astreintes à investir dans la sécurité.

Depuis septembre d’autre part, les contrôleurs d’hygiène ont arrêté 774 contrefacteurs de vivres, remèdes ou semences, et cinq pesticides à haute toxicité sont interdits. Tels sont les premiers résultats de la campagne «au lance-flammes», de Mme Wu Yi, avant de partir pour une retraite qu’on imagine hyperactive, selon son style.

Entre-temps, le Conseil d’Etat vient d’envoyer au Parlement, son projet de loi de la qualité alimentaire, destiné à relayer le manteau d’Arlequin qui encadre les millions de PME et groupes d’industrie et de commerce.

La loi-cadre renforce ou complète les normes à toutes les étapes, de la production à la péremption. Elle impose au producteur une analyse de risque sécuritaire, et resserre les contrôles à l’usine, sur le marché intérieur, à l’import et à l’export. Li Changjiang, ministre de la qualité, a fait partie des rédacteurs, et a peut-être pris les conseils de Margaret Chan, la Hongkongaise directrice générale de l’OMS (l’organisation mondiale du commerce), à Pékin le 31/10. « Impressionnée » par ces efforts, M. Chan avertit—quand même- qu’il faudra des années pour que tout rentre dans l’ordre.

Côté santé tombent des mauvaises nouvelles, suite de la pollution et d’une alimentation qui s’enrichit en graisses :

[1] en 10 ans, les cancers du sein ont augmenté de 31% à Shanghai et 23% à Pékin —mais ce bilan qui reste plus bas qu’en Occident, pourrait résulter paradoxalement d’un recensement plus fiable.  

[2] Les naissances à handicap ont augmenté de 41% depuis 2001, signifiant que 0,8 à 1,2M de bébés naissent à problème, sur 20M/ an, dont 30 à 40% décèdent, et dont seuls 20 à 30% seront soignés. Ce fléau s’aggrave dans les campagnes, et surtout près des bassins miniers, tel le Shanxi.

[3] Selon Mme Chan, le système de santé en milieu rural chinois est si mauvais que des centaines de M de paysans l’évitent. De ce fait, leur mauvaise santé est un facteur majeur de leur pauvreté.

En réponse, le vice ministre Gao Qiang a promis de publier vite le plan de réforme de la santé, bloqué depuis plus d’un an en un déchirant débat. C’est que c’est la Xème réforme en 15 ans, et que toutes ont échoué : cette fois, pas le droit à l’erreur. Toute le débat achoppant sur une question lancinante : comment répartir les coûts entre paysan, province et niveau central, pour obtenir un rapport qualité-prix présentable.

 

 

Avez-vous aimé cet article ?
Note des lecteurs:
0/5
9 de Votes
Ecrire un commentaire