Pol : Chang’E, le satellite lunaire sur son orbite

Iran—la diplomatie du sur-place

Un nombre certain de hauts diplomates étrangers étaient à Pékin la semaine passée, pour tenter de démêler l’écheveau iranien.

Le ministre français des affaires étrangères Bernard Kouchner (31/10) dut brider son ton ferme vis-à-vis de Téhéran, afin de consolider d’abord le lien avec son homologue chinois Yang Jiechi. L’israélienne Tzipi Livni quitta Pékin le même jour, après avoir averti : si les puissances laissaient libre cours à l’Iran dans son programme nucléaire, Tel Aviv ne resterait pas sans rien faire. Tout en rappelant à la Chine qu’un Etat intégriste, doté de l’arme nucléaire, constituerait une menace pour toute la région, jusqu’à la Chine-même. Même Abdullah-II, roi de Jordanie, toujours ce même jour, répétait à Hu Jintao ce message feutré…

De concert avec la Russie de Vladimir Poutine, la Chine bloque depuis des mois toute sanction sérieuse de l’ONU contre le régime, afin d’empêcher les USA d’y exercer leur influence, et surtout de leur barrer la route du pétrole iranien. Le 2/11, la conférence des six pays membres permanents du Conseil de Sécurité à Londres le 2/11, n’a pas changé de cap : les six « avancent » – très lentement – vers une 3ème résolution d’ici la session de décembre, et des sanctions, si l’Iran ne montre d’ici là aucune concession. Pour les Etats-Unis, le sous secrétaire d’Etat Nich. Burns se dit « déçu ». Un tout petit progrès à tout le moins : présidée par M. ElBaradei, l’IAEA (International Atomic Energy Agency) a promis de dire en décembre, si le programme nucléaire iranien comporte ou non un volet militaire.

Chang ‘E, le satellite lunaire, sur son orbe

Nommé d’après l’héroïne légendaire, Chang’E, le satellite lunaire chinois a été lancé (24/10) avec succès —comme 96 des 102 autres fusées spatiales chinoises depuis 1970.

Dès le 1/11, par petites poussées de ses boosters, l’engin étirait son orbite ellipsoïde, devant parcourir 1,56Mkm avant d’atteindre la Lune. Le premier jour critique était le 5/11, celui de l’entrée sur orbite lunaire, où toute erreur de pilotage ferait perdre l’appareil, par crash sur sol sélène ou par perte de contrôle dans l’espace. Une autre journée rouge est prévue le 7/11, jour du passage sur orbite rapprochée, à 200km de la surface. Si tout va bien, les 1ères données scientifiques de la mission voleront vers la Terre le 18/12. La suite est plus ambitieuse encore : l’alunissage d’un robot en 2012, d’un astronaute en 2020, l’ouverture d’une petite station permanente habitée de type Mir.

Dans ces buts, le programme annonce trois outils nouveaux :

[1] une 4ème aire de tir depuis l’île de Hainan, tropicale, économisant le fuel par une route plus courte (comme Kourou en Guyane, pour les lancements européens) ;     

[2] un lanceur Longue Marche V de puissance triple, pouvant arracher 25t à l’attraction terrestre contre 9 aujourd’hui (diamètre de 5,4m contre 2,4m au Longue Marche IIIB, nouveau carburant d’hydrogène et de kérosène); le tir inaugural est pour 2010;

[3] des barges maritimes pour acheminer les lanceurs de l’usine de Tianjin à la base de Hainan -pour l’heure, les vecteurs voyagent par train, par sections de 15m montées à l’arrivée. Tout ce programme nourrit des ambitions stratégiques, mais aussi et surtout commerciales : pour rivaliser avec l’ESA et sa fusée Ariane V, son atout maître qui lui offre un monopole des satellisations de charges lourdes — plus pour longtemps !

 

 

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