Pol : Avant XVII. Congrès : Remous derrière le rideau cramoisi

Remous derrière le rideau cramoisi

     Coup de théâtre politique, à 25 jours du XVII. Congrès. Jusqu’à présent, au nom de la stabilité, la plupart des analystes se résignaient à voir reconduire le Comité Permanent—l’organe suprême-, presque à l’identique, avec ses deux camps face à face, celui de Zeng Qinghong supposé fidèle à l’ex-leader Jiang Zemin, celui de Hu Jintao.

Or, deux nouvelles viennent lézarder cette façade un peu trop lisse.

[1] Hu vient d’obtenir la nomination capitale de Ling Jihua, son homme lige, à la tête du Secrétariat général du Comité Central, en remplacement de Wang Gang. Ainsi, Hu contrôle sans conteste cet organe suprême!

 [2] Surtout, un dernier bruit décrit Zeng comme d’accord pour partir en retraite, pour entraîner les deux derniers hommes de Jiang, Jia Qinglin et Li Changchun—laissant place nette pour tous les «jeunes» adoubés par Hu Jintao, et qui piaffent à la porte.

Nb : Sous réserve d’inventaire, cette dernière rumeur signifie que Hu, seul maître à bord, pourrait s’il le souhaite, entamer une réforme politique jusqu’alors indéfiniment repoussée. D’autre part, Zeng qui l’avait déjà aidé dès 2004 à pousser Jiang- hors de son dernier mandat militaire, puis en 2007, à déboulonner pour corruption Chen Liangyu, le « roi » de Shanghai, s’est comporté en allié loyal et non en rival, selon le poncif martelé jusqu’alors. Preuve du devoir d’humilité des analystes et de l’immense pauvreté de l’information circulant sur les maîtres de ce pays d’un quart de la terre : la censure, en ce pays, n’est pas un vain mot !

Un escroc chinois gagne sa bataille contre Pékin

     En octobre 1999 débutait le plus grand scandale de l’histoire du régime (cf VdlC n°04/V) : celui de Lai Changxing, qui avec sa nébuleuse commerciale Yuan Hua, venait en peu d’années, d’importer pour 10MM$ de biens hors-taxe, flouant les finances publiques de 3MM$ de recettes.

Lai avait pu fuir au Canada, où la Chine le débusquait, demandant son extradition. Ottawa, en tels cas, accepte souvent (elle est d’ailleurs en train d’expulser deux frères Li, réfugiés sur son sol depuis 2004, coupables de fraudes pour 25M$). Pékin offrit même l’assurance rarissime, de ne pas l’exécuter. Et pourtant aujourd’hui, Lai toujours à Vancouver, vient de voir Ottawa retirer son appel contre une décision de la Cour Fédérale… Que s’est-il passé ? D’abord, depuis deux ans, les relations entre les deux capitales sont fraîches. Ensuite, la justice canadienne, très indépendante, doute que Pékin tienne sa parole. Pire : en 2006, alors que l’extradition semblait en bonne voie, un porte-parole pékinois mit lui-même en doute cette promesse, offrant ainsi un atout béni pour l’avocat de l’escroc.                   

NB : En apparence, des gens à Pékin ne souhaitaient pas trop le retour de cet homme embarrassant et qui en savait trop. Le trafic de Lai, à son époque, n’avait rien de clandestin. Des personnages importants y étaient impliqués. Y-compris Lin Youfang, à l’époque épouse de Jia Qinglin, avant leur divorce-éclair.  

 

Une ministre française, en éclaireuse

     De passage à Pékin les 20-21/09, Christine Lagarde, ministre française des finances, outre une rencontre avec son tout nouvel homologue Xie Xuren, eut les honneurs d’une entrevue avec le 1er ministre Wen Jiabao.

Pour évoquer les inquiétudes de l’Union Européenne face à la chute libre du dollar et du RMB face à l’Euro ; surtout, pour préparer la visite du Président Sarkozy en novembre—la 1ère d’une série de trois en 12 mois, record historique.

Christine Lagarde a aussi invité Wu Xiaoling, brillante n°2 de la Banque centrale, à un groupe de veille qu’elle crée, entre femmes ministres des finances et celles gouverneurs de banques centrales. Entre la française, la polonaise, l’algérienne et la chinoise, elles seraient 6 à 7 à travers le monde. En quête d’une nouvelle sensibilité en politique financière, transcendant continents et régimes ?

 

 

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