Pol : Mort à la peine de mort ?

Mort à la peine de mort ?

Combien d’exécutions en Chine?

2.000 à 10.000/an, selon les sources, et plus de 90% du l’hécatombe mondiale. Sous Hu Jintao, le régime veut y mettre de l’ordre. Le traité d’extradition convenu avec Paris (VdlC n°01) exclut la peine de mort de son champ d’application—C’est une 1ère juridique. Depuis quelques mois, les peines capitales sont du seul ressort de la Cour Suprême, qui casserait jusqu’à un tiers des verdicts, pour vice de forme. L’objectif officieux est d’abolir ce terrible vestige d’ici 2049. Date mythique, qui mérite qu’on s’y arrête. Elle sonnera le 1er siècle anniversaire du régime -c’est son espoir. D’ici là, Pékin veut avoir porté l’APL, son armée, au niveau de puissance technique de l’US Army. Il veut avoir donné au pays une prospérité de pays avancé, et introduit la démocratie électorale. Intention à très long terme, mais néanmoins sérieuse, comme le prouve le traitement de la peine de mort, ou encore, la liberté octroyée au 1/1 à tout journaliste étranger (pour commencer), d’interviewer quiconque, avec le seul accord de l’intéressé : à 18 mois des JO de Pékin, la Chine, selon une « source européenne », veut « changer d’image et affiche sa volonté de se rapprocher des bonnes pratiques démocratiques mondiales » !

Ségolène Royal, conquête de la Chine

A l’invitation du Parti communiste chinois, Ségolène Royal, candidate socialiste au scrutin présidentiel d’avril en France, vient de poursuivre à Pékin (6-9/01) son crash course en affaires du monde. Par la palette d’interlocuteurs qu’il lui a choisis, le pouvoir visa le «juste milieu»: ni trop haut (comme il conviendrait à un Président élu), ni trop bas.

Mme Royal  rencontra Zeng Qinghong le vice Président, Bo Xilai, patron du Ministère du commerce, peut-être le futur n°1 du pays. Jusqu’alors, son image en Chine était au mieux médiocre, reflet des préjugés d’un régime préférant les hommes, la droite et les partis au pouvoir. Tout cela changea par sa campagne-éclair, multipliant les occasions de vanter ses hôtes, tout en s’interdisant toute critique, sauf (parfois) aux «droits humains» (sic).

Résultat : la photogénique visiteuse figura à toutes les « Une », et fut sacrée « rose de France» par la TV. Mais la couverture aborda rarement ses idées, se bornant à évoquer les tenues, la coiffure, touches laudatives et sans profondeur. Hormis la presse française et chinoise, quelques titres britanniques suivirent la visite : ce fut pour épingler un volontarisme pour l’amitié bilatérale, et un amateurisme diplomatique, voire en économie internationale !

La corruption, version kaki

Le chancre de la corruption déploie ses tentacules sur toute la Chine, armée incluse. Mais vu la tradition de discrétion de « notre nouvelle Grande Muraille » (surnom affectueux de l’APL : l’armée), des données sur ce domaine sont rarissimes.

Dernièrement, la presse US cite un rapport de la Commission centrale militaire, fruit de deux ans et demi d’enquête entre 2004 et 2005, sur l’état de cinq grands stocks militaires du pays. Il en ressort que régions militaires, pouvoirs locaux et entreprises ont conspiré pour revendre discrétionnairement les stocks déclassés. Ont disparu sans laisser de trace : 360 copies de MIG 15 (vendus pour l’aluminium, à 1500² l’avion), 1800 clones de chars T48, T50 et vieux halftracks (certains recyclés vers des républiques bananières d’Asie du Sud-Est), 17.000 barils de pétrole, 273.000 armes à feu, faisant les choux gras de la mafia locale et de la contrebande. Il faut dire que les circuits logistiques militaires tournent fort, remplaçant depuis 2000, pour 3,2 voire 6,4MM$ de matériel/an.

NB : si des sanctions furent prises suite à ces cas de gabegie (ce qui n’est pas certain), elles ne furent pas dites!

 

 

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