Joint-venture : Arcelor impavide, guigne Laiwu

— Impavide face à la tentative de rachat hostile pour 23MM$ par l’indien Mittal (n°1 mondial), le sidérurgiste européen Arcelor (n°2) poursuit sa percée en Chine.  

Son plan de reprise du cantonais Laiwu, (10Mt d’acier en 2005) pour + ou – 190 n’attend plus que le “OK” de Pékin. L’accord ouvrirait à Laiwu une technologie désirée : il est temps de baisser la consommation de charbon, produire moins cher, moins sale, des produits plus élaborés et de qualité internationale.

En cas de cession de 38%, selon le deal convenu, l’Etat conserverait 2% de majorité : mais il hésite à laisser l’étranger prendre une telle part. Mittal au 20/1, a avalé 30% de Valin (autre aciérie chinoise) pour 290M² et peut monter à  47%. Pour donner son accord, Pékin attend aussi, dit la rumeur, le résultat de la tentative de reprise hostile : ne pas risquer de céder une “part double” de son aciérie à Mittal. La placidité d’Arcelor face au dragon indien tient au soutien par ses trois gouvernements (Luxembourg, France, Belgique), et à son formidable bilan (16/2): +66% de profits qui lui permettent de lester les primes des actionnaires (incitation à résister au chant des sirènes mittaliennes), et de promettre un doublement en 5 ans de ses capacités à 100Mt, par acquisitions au Brésil, en Chine  Russie et… en Inde !

 

 — « Le pire reste à venir », prédit Zhou Shengxian, patron de la SEPA (l’agence nationale de protection de l’environnement) après la catastrophe au benzène dans la Songhua en décembre.

Avertissement sans frais, car l’an passé, cette agence de l’environnement a connu la plus grave crise de sa jeune vie face aux provinces et aux lobbies, ayant dû assister impuissante au redémarrage de 30 méga-chantiers qu’elle avait fermée en février 2005.

Désormais, la Chine bâtit 2MM m²/an (50% des chantiers du monde) en se moquant (niveau local) des égouts : 230 villes sur 600, dit l’Etat, n’ont pas de réseau d’assainissement.

Et la pollution entre pour beaucoup dans les 86000 émeutes de l’an dernier.

Aussi le Conseil d’Etat, pour le compte de la SEPA, publie un plan sur 15 ans, lui donnant les moyens de ses objectifs, incluant normes de pureté de l’air et de l’eau, fermeture de 35.000 usines dont 127 pétrochimiques. JO oblige, Pékin reçoit priorité, bâtit à toute vapeur 14 usines de retraitement des eaux pour montrer au monde en 2008 des rivières Chaobai et Qinghe, un canal Yangshan propres. Côté air, les normes des chantiers deviendront drastiques, au 1er mai. Bon temps pour des nettoyeurs d’eau comme Suez, qui prévoit de doubler leur marché sous deux ans, à 1MM² ! 

— Mariés à Shenyang en JV auto, Brilliance et BMW, c’est Jean-qui-pleure et Jean-qui-rit, et un rare exemple de firme locale à la traîne du partenaire, malgré sa maîtrise du terrain et ses appuis.

Le groupe du Liaoning avoue un an de pertes, un passif de 30M² au 1er semestre 2005, dont 18 sur la Zhonghua, sa voiture de luxe vendue à 10.000 exemplaires. Il veut se refaire par des ventes de +43%, à 100.000 unités, entre son Jinbei (minibus de technologie ancienne, mais populaire) et la Zhonghua. Il mise aussi sur la BMW produite en JV, 15.300 vendues en 2005.

Le groupe de Nuremberg,  lui, déclare avoir augmenté ses ventes de 37%. Symptomatiquement, Brilliance dément avoir rétrocédé au partenaire allemand des parts dans la JV… et le n°1 mondial de la voiture de luxe dément toute volonté d’investir dans un renforcement de la production : « nein, Danke ! », et combat à fleuret moucheté !

 

 

 

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