— L’archipel de Tonga (Pacifique Sud) en proie aux spasmes des émeutes – et la communauté chinoise trinque, avec 30 négoces réduits en cendre le 16/11 à Nuku’alofa, la capitale de ces 108.000 habitants…
Comme toute la Micronésie, Tonga vit à l’écart des circuits mondiaux touristiques, miniers ou industriels. Et comme déjà aux îles Salomon en avril, les troubles prennent vite un ton de pogrom contre les 4000 résidents chinois dont 500 dans la capitale, qui ont trusté le petit commerce et vivent mieux que les autres… A Tonga, quelques dizaines de « Marines » d’Australie et de Nouvelle Zélande ont rétabli l’ordre, et le 23/11 un charter affrété par la RPC rapatria 300 Chinois vers Xiamen (Fujian), leur terre d’origine. Ils reviendront, sans doute : sur ces îles, les fortunes se défont et se refont au rythme des typhons, hors desquels la vie est douce !
NB : Ce réflexe antichinois se retrouve dans toute l’Asie, au Vietnam (1975), en Indonésie (1998, 2000, 2003, 2004)… Prix à payer pour l’extraordinaire capacité commerciale de ce peuple…
— La sécurité sociale chinoise perd la partie: rare cri d’alarme par Zhou Xiaochuan, gouverneur de la Banque centrale en marge du sommet du G20 de Melbourne (18/11) : c’est la SASAC (State-Owned Assets Supervision and Administration Commission) qui est visée, club des grandes entreprises d’Etat (GEE) qui refuse de donner 10% de leurs parts au Fonds National de Sécurité Sociale (FNSS).
La SASAC se retranche derrière la stabilité sociale: ainsi décapitalisées, les GEE basculeraient au privé, entraînant licenciements, émeutes! Mais le conseil d’Etat et 5 ministères insistent pour ce plan, seule chance de resustenter la Sécurité sociale. Celle-ci aujourd’hui détient 255MM$, dont 87MM$ acquis dans l’année. Selon le dernier audit national (24/11), 900M$ en ont été dilapidés —ils doivent être «intégralement récupérés ».
Face à cela, le Parlement prépare deux lois d’urgence, sur la Sécurité sociale et sur le FNSS, pour empêcher toute gabegie future. Le temps presse : d’ici 2010, tout citoyen doit avoir accès à un embryon de protection sociale, subsides qui couvraient en 2005 quelques 100M de gens et coûtaient au Fonds 3,75MM$. Chaque année, 6M de sexagénaires (+3%) arrivent à la retraite. Or, les fonds de pension, même privés, ne croissent que de 3%/an, contrairement aux salaires, qui croissent de 10%…
— 3ème forgeron planétaire, Posco (Corée du Sud) inaugure la1ère aciérie intégrée étrangère en Chine.
A Zhangjiagang (Jiangsu), Pohang Stainless Steel aura coûté 1MM$, pour une capacité de 600.000 t/an. Conçue, gérée aux dernières techniques étrangères, outil “sur l’eau”, elle préfigure l’avenir, d’un acier haut de gamme au plus bas coût énergétique et peu polluant. Depuis 1997, Posco détenait sur place un train de laminage à froid d’un débit de 200.000t/an. Désormais, il contrôle le processus intégral.
NB : dans un secteur stratégique, c’est un exploit de Posco, que seule une compagnie coréenne pouvait réaliser, vu les contacts bilatéraux sans nuages, et la coopération industrielle intense. On aurait mal vu un tel résultat avec le Japon (mauvais rapports), ou avec Mittal-Arcelor,n°1 mondial!
— En août ’05, au tribunal de Canton, il fallut un jour pour condamner Ching Cheong, journaliste Hongkongais à 5 ans de prison pour espionnage, assortis de 30.000² d’amende. 16 mois après (24/11), vient l’heure de l’appel : une demi-heure a suffi à la cour de Pékin pour confirmer le verdict.
Ce correspondant du Straits Times de Singapour, espérait obtenir à Canton, d’un ami de Zhao Ziyang, leader décédé en disgrâce, des lettres posthumes qui auraient été un genre de testament politique : lourde imprudence ! Il tomba dans une souricière à l’arrivée. Circonstance aggravante, en toute naïveté de pur intellectuel, Ching Cheong écrivait parfois des « papiers » géopolitiques pour une fondation de recherche taïwanaise (cf Vdlc n°26) : cela suffit à la sécurité publique, pour le confondre d’«intelligence avec l’ennemi».
L’arrestation et la peine sérieuse signifie deux rappels en un : aux Hongkongais, qu’ils ne sont pas protégés en cas de litige avec l’Etat. Aux journalistes, que certains dossiers de l’Etat restent intouchables, sous peine sévère ! Avis spécial à la presse étrangère en mandarin, trop remuante et «comme un poisson dans l’eau chinoise» aux goûts de certains!
Sommaire N° 38