Wu Shu-chen, épouse du Président taiwanais Chen Shui-bian, inculpée (3/11, cf VdlC n°35) pour abus sur 450.000$ de fonds publics. Ce coup de théâtre fait éclater une affaire qui couvait depuis des ans. Pour le DPP, le Parti séparatiste, au pouvoir depuis 2000 (le parti de Chen), c’est la pire crise depuis sa fondation en 1986.
Le 5/11, Chen assume le détournement, « responsable mais pas coupable », invoquant un usage des fonds dans une mission secrète… Le 8/11, 50 caciques du DPP votent son soutien au nom de la «stabilité sociale», et menacent de sanctions les francs-tireurs.
L’enjeu, c’est la motion de censure au Yuan Législatif (Parlement), la 3ème depuis juin, programmée le 24/11. Comme les deux précédentes, elle a peu de chance d’aboutir à la destitution de Chen Shui-bian.
Le problème, est l’avenir: la capacité à gouverner d’un DPP arc-bouté dans la défense d’un Président «au-dessus des lois», voire corrompu, et qui n’est plus cru que par 13% des gens— 54% souhaitent son départ. Chen sauve sa place provisoirement, mais est paralysé. En face, l’opposition tire à boulet rouge, Ma Ying-jeou, leader du Kuomintang étant le moins virulent. Par expérience personnelle, Pékin se garde d’interférer -il est presque curieux de voir à quel point il reste extérieur, «étranger» à ce débat qui reste très insulaire.
Mais la bataille ne fait que commencer : deux ex-alliés prestigieux et fidèles du Président, lui conseillent de partir dignement, tant qu’il le peut encore : Lee Yuan-tse, Prix Nobel, et Kao Chih-ming, patron du groupe alimentaire I-Mei. La base de soutien ne peut que s’effriter…
Sommaire N° 36