En Chine (12-18/9) entre Nankin, Shanghai, Canton et Tianjin, Romano Prodi, nouveau 1er ministre italien s’appliqua à ravauder des relations abîmées par son prédécesseur Silvio Berlusconi qui raillait une Chine, dite «sans intérêt», pour une économie transalpine, pauvre en grands groupes et filières si courtisés par Pékin.
Comme gage d’amitié, Prodi apportait une concession de poids : son ralliement au clan—mené par Paris – pour la levée de l’embargo des ventes d’armes à la Chine. Ce présent lui valut une réception de 1ère classe, par Hu Jintao puis Wen Jiabao.
Le Président du Conseil s’était entouré de 8 membres de son cabinet, de 500 petits patrons, 15 banquiers, 26 associations industrielles.
Objectif : stopper la course du déficit commercial, 3,7MM² au 1er semestre (+42%), via une campagne (calquée sur celle de la France de J. Chirac, l’an passé) pour marier ses PME de luxe parmi les 4,2M de chinoises, en vue de délocalisation. L’Italie compte déjà 1400 firmes actives en Chine, mais 83% sont en fait filiales de ses complexes industriels ou financiers.
A Nankin, fief de Fiat, le PDG L. Montezemolo, signa avec NAC, partenaire local, le rachat de Yuejin Motor Corp., qui sera incorporé à la JV d’Iveco (filiale «véhicules commerciaux» de Fiat). Il en espère le quintuplement de ses ventes, à 100.000 unités.
Plus tard à Tianjin, Prodi assistait à la signature de 15 contrats pour 200M² : « roba di poco » (« pas grand chose »), comme on dit au pays de Dante, mais le Président du Conseil repart avec le soulagement d’un contentieux assaini, et l’espoir d’ouvrir en Italie une porte chinoise sur l’Europe méridionale.
Sommaire N° 30