« Bois, riz, huile et sel » (expression chinoise pour « de bric et de broc ») : voici un éditorial sans sujet majeur, comme on peut l’attendre, à même époque, veille de la fête nationale.
[1] A mêmes maux, mêmes remèdes : dans les provinces pauvres, des écoles annoncent le renvoi des maîtres qu’elles ne peuvent plus payer : sont exemptés -pour raison sociale- divorcés ou veufs avec enfants à charge. A Dandong (Liaoning), l’école Tongxing devait libérer 11 postes : or, au 6/09, ils ont été 40 profs à avoir rompu leur mariage. Désarçonné, le bureau local de l’éducation a nommé une commission, pour débusquer les cas de «divorces blancs».
[2] Europe et Chine tentent de rationaliser leurs échanges.
Concernant le trafic maritime, elles déploient un projet-pilote, signé Laszlo Kovacs et Mu Xinsheng, patrons respectifs des douanes . Entre Shenzhen, Rotterdam et Felixstowe, un réseau de douanes électroniques est créé, permettant de mieux détecter les produits contrefaits, et le matériel terroriste. Le système devrait être étendu à tous les ports de Chine et de l’Union Européenne, s’il s’avère efficace.
Concernant le trafic humain par contre, le 8/09, un charter de 70 migrants clandestins n’a pu décoller de Paris vers Pékin, faute de feu vert chinois. L’accord était acquis, mais le ministère de l’Intérieur (de Nicolas Sarkozy) aurait trop vite annoncé leur envol.
En clair : Pékin ne peut accueillir ses irréguliers, qu’une fois certain de pouvoir les retourner à l’arrivée, vers leurs provinces d’origine, ce qui n’était pas -encore- le cas.
[3] Clashs sociaux: à Foshan (Guangdong) le 15/09, avec 10 véhicules de police incendiés; à Pékin le 18, avec une manif devant l’ambassade américaine, de gens criant «on veut survivre».
Depuis toujours favorisée sur les campagnes, la ville devient à son tour un foyer de tensions, du fait de la hausse des taxes et des loyers. En 2005, l’administration a ponctionné pour 93MM² de droits et amendes (sans parler des taxes), frappant bien plus les petits que les gros.
Chercheur à l’école du Parti, Zhou Tianyong croit que les PME vivent leur crise la plus rude en 20 ans et, en faisant faillite, viennent gonfler les rangs des chômeurs, qu’il estime à 16%. Ainsi les PME privées qui étaient 31,6M en 1999, ont chuté à 23,5M en 2004. Ce diagnostic était déjà celui du Président Hu Jintao en 2003, à son arrivée aux affaires. Que rien n’ait changé depuis, montre la faiblesse de l’exécutif et la surdité des provinces et de l’appareil. Cela explique aussi la rigueur publique face à la presse – manière de retarder l’impact de la crise
Sommaire N° 30