A la loupe : Aide chinoise à l’Afrique: l’Ouest fait les gros yeux

A Pékin, les 17-18/09, 48 pays d’Afrique et la Chine ont procédé à une répétition générale du 3ème Sommet Sino-Africain de la FOFAC, prévu les 3-5/11.

Ce Forum qui fera, en taille, un record historique, s’annonce sous un signe ambigu. La Chine, comme l’Inde, promet du développement et offre, à ces pays en difficulté, des prêts, sa technologie simple et sa main d’oeuvre pour (ré)ouvrir ports, routes, hôpitaux, et chemins de fer à prix imbattable. Mais son offre va, invariablement aux pays détenteurs de pétrole ou de minerai. Les outils créés servent souvent à acheminer vers la Chine ces denrées stratégiques… Les emplois sont souvent trustés par des firmes chinoises.

Ainsi, en 2005, les investissements chinois en Afrique ont explosé à 1,2MM$, avec 800 compagnies chinoises sur place, et les échanges ont décuplé en 10 ans, passant à 40MM$. Par cette politique de fraternité sélective, Pékin suit une stratégie à long terme de rachat de droits pétroliers, pour faire face d’ici 2020 à l’import de 60% de son or noir, dont jusqu’à 30% à partir de gisements sous sa propriété.

Face à cet effort sans précédent, les pays de l’Ouest s’inquiètent, USA en tête. Depuis Singapour (au congrès du FMI – Fonds monétaire international) Paul Wolfowitz, Président de la Banque Mondiale, et depuis Pékin Henry Paulson, Secrétaire d’Etat au commerce US, dénoncent les prêts chinois irresponsables, leurs montants lourds (66M$ au Ghana cet été, 2MM$ à l’Angola en 2004), et leur absence de conditions qui garantiraient un usage honnête et licite. Ils notent que ces prêts opportunistes viennent «remplacer» la dette de ces pays auprès de l’Europe ou l’Amérique, qui venaient d’annuler la leur. Ils voulaient une Afrique désendettée, mais la Chine devient son nouveau créancier, la  menaçant d’une dépendance de demain—d’une obligation de l’alimenter en pétrole.

L’Ouest n’est pas le seul à froncer les sourcils: au Botswana, en Zambie, au Nigéria, l’opposition dénonce le «pain empoisonné». Mais les régimes noirs répliquent que les aides promises d’Europe tardent, et que sans offrir à Pékin une partie de ses mines, comment obtenir les infrastructures pour vendre ses ressources? Enfin, ce débat reste largement académique, face au gigantesque tournant en cours : l’Afrique, aujourd’hui, regarde moins vers l’Europe, plus vers la Chine !

 

 

 

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