Pol : Pour 2007, la planche à billets de ‘droit de polluer’

n Après le gel sine die en juillet des négociations  de la ronde de Doha , Susan Schwab, émissaire américain au commerce, était à Pékin pour murmurer qu’une relance ne pouvait avoir lieu sans offre par la Chine de concessions, qu’elle refusait toujours à ses 144 partenaires de l’OMC (l’organisation mondiale du commerce). Schwab priait aussi la Chine d’ouvrir enfin son marché aux services américains, et de faire respecter ses brevets.

La phase transitoire d’accession chinoise à l’OMC est achevée : fraudes et passe- droits deviennent inadmissibles…

Bo Xilai, son hôte (min. du commerce) renvoya la balle : «oui à des concessions de notre part pour l’OMC… mais faites (l’Union Européenne aussi)! le 1er pas » – sous forme de démantèlement de leurs subsides agricoles!

Echange stérile en apparence donc, mais cette réponse n’est peut-être pas définitive : la Chine sait que le maintien de son refus aux demandes multilatérales comme bilatérales, ne peut que lui nuire, débouchant sur rétorsions et protectionnisme… Seul déblocage possible : des concessions chinoises, à l’OMC et aux blocs partenaires. On sera vite fixé : un délai supplémentaire pour les palabres mondiales est relancé jusqu’à mars 2007, au plus tard !

n Pour la liaison à grande vitesse Shanghai-Pudong-aéroport, le 11/08 fut le jour de l’incident de trop. Fleuron de la technologie allemande, le train Maglev subit en gare de Longyang un incendie dans le 2d wagon, au caisson des accumulateurs, contre le compartiment des passagers.

Plus de peur que de mal, mais ce n’était pas le 1er problème sur cet outil de pointe. Deux ans plus tôt, le remplacement d’un câble avait causé des mois d’immobilisation. Le Maglev avait été implanté à Shanghai fin des années ’90, moyennant un apport public allemand de 500M$, dans l’espoir d’équiper la ligne Pékin-Shanghai. Son instabilité lui avait fait perdre cette chance. «Prix de consolation », on discutait d’une extension de 220km vers Hangzhou : les débats achoppèrent en mai 2006, lors de la visite de la chancelière Angela Merkel, sur l’étendue du transfert de technologie, et le partage des coûts. Après le dernier incident, les chances d’un agrément «avant fin 2006» comme envisagé à l’époque, sont compromises : pompiers de Shanghai et experts de Transrapid (le développeur, consortium Siemens /Thyssen Krupp) s’opposant même sur l’origine de la défaillance !

n Cette semaine, Mao Rubai, patron de l’écologie à l’Assemblée Nationale Populaire, Zhou Shengxian, ministre de la SEPA (State Environmental Protection Administration) lancent la même alarme: l’environnement chinois se dégrade vite. L’effort effréné de construction de centrales thermiques plonge forêts, rizières et villes dans le smog, au coût estimé à 50MM²/an. Ce qui explique le projet de Huaneng, 1er électricien de Chine, d’investir 31MM$ en 15 ans, en centrales classiques et d’énergie renouvelable.

La SEPA, pour sa part, prépare un projet unique au monde, comme outil d’un gouvernement : la mise en vente de droits d’émission de dioxyde de soufre. Déjà astreintes à un plafond d’émission de CO², les centrales incapables d’honorer leurs quotas, devront investir dans tels droits, près de 700M²/an, dont le fruit financera des projets d’énergie propre.

A l’inverse, celles émettant moins que leur quota, pourront vendre en bourse leur «excédent». Calqué sur le protocole de Kyoto, ce système d’avenir fonctionnera dès qu’une loi aura fixé les règles du jeu – peut-être dès 2007. Il s’ensuivrait, croit la SEPA, une hausse du coût de l’électricité de 0,1 centime d’² au Kw/H !

 

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