Joint-venture : 100 appareils pour Embraer

1. Huarong, l’agence d’Etat de défaisance, vient de signer la 1ère Joint Venture de commercialisation d’actifs faillis.

Il était temps : en 7 ans, depuis leur fondation, Huarong et ses trois homologues nationaux ont hérité pour 327MM$ de maisons en panne, n’ont pu en écouler que 33%, et n’en ont tiré que 22MM$. Or, le total des autres faillites attendant leur tour, atteint 175MM$ selon l’Etat, 650MM$ selon l’étranger. Chiffres qui rendent inévitable la dérégulation.

Au capital de 224M$, Rongde la JV basée à Pékin, est tenue à 51% par Huarong, à 35% par Cathay Capital (filiale AIG / Deutsche Bank), 14% par IFC, bras commercial de la Banque Mondiale.

En juillet Cinda, autre agence de défaisance créait avec Commonwealth (1ère banque australienne de détail) 1st State-Cinda, JV de gestion de fonds d’investissement en actifs faillis. Avec la nouvelle loi sur la faillite, ce sont ainsi 3 outils nouveaux pour disposer des Entreprises d’Etat défuntes : témoins de l’effort intense du pouvoir, pour régler ce problème, et liquider ce poids du passé !

 

2. Cette nouvelle illustre les relations complexes entre Chine et Taiwan, dans le domaine des semi-conducteurs. Le 25/8 à Alameda (USA), le taiwanais TSMC, n°1 mondial des puces «à façon » (50% du marché), attaque le shanghaïen SMIC (n°4, 7%) pour piratage de ses produits et intrusion sur ses marchés, violant une  entente judiciaire.

Or, SMIC doit sa naissance en 2000 à Richard Chang son PDG taiwanais passé sur l’autre rivage avec des plans, brevets et fichiers   commerciaux de TSMC. En 3 ans, depuis ses usines de Pékin, Shanghai, Tianjin, Wuhan, SMIC inonda le monde de puces qu’il vendit bon marché – la recherche ne lui avait rien coûté. En justice, SMIC avait accepté en 2005 de verser 175 M$ en 6 ans. Curieusement, les firmes s’entendaient pour «partager leurs licences jusqu’en 2010», mais non les modèles ni les marchés. Or, TSMC affirme que SMIC aurait violé ces 2 derniers engagements.Avec pour preuve présumée, une puce chinoise où apparaît son propre logo, mal gommé… Pour ce déni du rival, TSMC réclame 100M$ de plus: lourd montant,sur un marché à faible marge. Mais il est impensable que Pékin, pour une telle pécadille, lâche une de ses indus-tries stratégiques!

 

3. Fêté à Brasilia par le Président Lula et Wu Bangguo, Président de l’ANP – le Parlement chinois- en tournée latino, un contrat de 100 avions échoit à Embraer, pour 2,1MM².

Pour le constructeur brésilien, c’est la prime, pour avoir consenti d’ouvrir une usine chinoise. 50 appareils E145  de 50 places seront montés à Harbin (Heilongjiang), 50 E190 de 106 places, plus récents, à Sao José, Brésil.

Fait rare, le contrat est assumé à 100% par un transporteur, Hainan Airlines. Ce contrat est mauvaise nouvelle pour son concurrent canadien Bombardier, pénalisé pour n’a pas voulu transférer sa technologie, au risque de former sa concurrence future.

NB : dans le créneau des plus gros appareils, Airbus a accepté de « jouer chinois », installant sa chaîne d’A320 à Tianjin, et Boeing, a refusé.

 

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